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Bulletin Quotidien Europe N° 8244
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil de l'europe

M. Juncker plaide pour l'adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'Homme et pour la tenue d'un troisième sommet paneuropéen

Strasbourg, 28/06/2002 (Agence Europe) - Devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le Premier ministre luxembourgeois a proposé l'organisation d'un 3ème Sommet paneuropéen. Jean-Claude Juncker, dont le pays assume actuellement la présidence du Conseil de l'Europe, a plaidé pour l'adhésion de l'Union européenne à la Convention européenne des droits de l'Homme (CEDH). Il a aussi abordé les thèmes de l'immigration et de la lutte contre le terrorisme.

Le Conseil de l'Europe doit rester fidèle à sa vocation

« Le Conseil de l'Europe n'a pas besoin de se mettre en quête d'une nouvelle identité », a dit M. Juncker aux parlementaires, en critiquant ainsi l'attitude de ceux qui cherchent à mettre l'organisation paneuropéenne et l'Union européenne en concurrence alors qu'elles demeurent complémentaires. Et d'ajouter: « L'UE ne doit pas donner l'impression, ni vers l'intérieur ni vers l'extérieur, d'être le club exclusif de ceux qui seraient arrivés à bon port. Non, l'UE doit poursuivre sa propre démarche, caresser ses propres rêves, s'intégrer davantage pour éviter qu'après s'être élargie, elle ne devienne une simple zone de libre-échange, certes à un niveau très élevé, mais d'une structure conceptuelle insuffisante pour pouvoir répondre aux besoins d'un continent qui demeure éminemment compliqué. Le Conseil de l'Europe, qui est en train d'opérer son propre élargissement, poursuivra la route qui est la sienne ».

L'UE doit adhérer à la CEDH pour des raisons d'efficacité juridique

« Il me semblerait normal que, lors des travaux de la Convention et de la Conférence intergouvernementale qui réunira les pays membres de l'UE d'ici 2004, l'Union européenne adhère à la CEDH », a déclaré M. Juncker en soulignant que cette adhésion se justifie par des « raisons d'efficacité juridique », notamment pour éviter qu'un pays ne puisse exécuter un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme parce qu'il serait soumis en même temps à des obligations contraignantes de la part de l'UE. « Elle doit y adhérer en tant que telle. Il n'est tout de même pas normal que l'UE exige des pays qui souhaitent la rejoindre d'avoir ratifié préalablement la CEDH et qu'elle se soustraie elle-même au contrôle externe que prévoient l'échafaudage et le dispositif instrumental de la CEDH. Il n'est pas normal que, les yeux ouverts, nous risquions de courir vers des conflits qui seront de taille si nous ne les empêchons pas », a-t-il affirmé.

Pour une coopération accrue en matière d'immigration et de lutte contre le terrorisme

Evoquant le débat entre les Quinze à Séville sur l'immigration, le Premier ministre luxembourgeois a dit comprendre parfaitement que des éléments d'incompréhension soient apparus. « Il faut, sur ces questions, faire preuve d'une clarté exemplaire. L'UE, qui a besoin d'immigration, ne peut fermer ses portes. Tous les pays d'Europe doivent rester une terre d'accueil pour ceux qui, à travers le monde, sont poursuivis en raison de leur race, de leur sexe, de leurs convictions religieuses ou politiques », a estimé M. Juncker après avoir constaté que l'UE « donne l'impression de vouloir se consacrer uniquement aux conséquences de l'immigration clandestine illégale en négligeant la nécessaire maîtrise de l'immigration légale ». Et de poursuivre: « Le Conseil de l'Europe doit participer à la maîtrise continentale du phénomène de l'immigration illégale, clandestine, qui fait de migrants malheureux chez eux des immigrés malheureux chez nous. Dans ce vaste domaine, l'UE et le Conseil de l'Europe gagneront à coopérer le plus étroitement possible ». M. Juncker a aussi plaidé pour une meilleure coopération entre les deux organisations dans la lutte contre le terrorisme international. « Le terrorisme n'est pas un phénomène isolé de ses causes profondes », a-t-il souligné avant d'ajouter: « L'UE et le Conseil de l'Europe doivent s'y attaquer. Tant que la pauvreté n'aura pas été éradiquée, tant qu'une grande partie de l'humanité vivra dans la misère la plus absolue, les terroristes trouveront toujours des sols fertiles qui leur permettront de poser des actes condamnables ».

Pour un Sommet du Conseil de l'Europe avant la fin 2003

« L'UE entame son élargissement. Le Conseil de l'Europe est sur le point de finaliser le sien. L'UE, dont le concept politique est plus étroit que celui qui anime le Conseil de l'Europe, doit chercher les voies qui lui permettraient de combiner son propre élargissement avec celui du Conseil de l'Europe », a estimé M. Juncker avant de conclure: « Afin de ne pas donner l'impression aux Etats membres du Conseil de l'Europe d'être définitivement exclus de l'UE, il conviendrait que les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres du Conseil de l'Europe se réunissent à la fin de 2003 pour fêter l'énorme processus européen auquel nous avons pu assister au cours des quinze dernières années ».

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