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Bulletin Quotidien Europe N° 8233
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/sommet de seville

Le PE veut être consulté sur la réforme du conseil - Immigration: contre la "punition" des pays d'origine - Problème greco-turc: M. Solana devrait-il négocier directement avec Lord Robertson ?

Strasbourg, 14/06/2002 (Agence Europe) - Le PE a adopté jeudi (341 oui, 64 non, 42 abstentions) une longue résolution, en 50 points, des groupes PPE-DE, PSE, ELDR et UEN sur le Sommet de Séville dans laquelle il salue en particulier l'intention de "recentrer les réunions du Conseil européen sur son rôle essentiel dans l'orientation politique et la stratégie", alors qu'il s'inquiète des informations sur la "suppression unilatérale" de certains Conseils. En tant qu'autorité budgétaire, le Parlement estime devoir être "consulté sur toute réforme du Conseil, ou y être associé". Par ailleurs, il invite le Sommet à soutenir la conclusion, avant la fin de l'année, d'un "accord interinstitutionnel pour mieux légiférer", et demande la mise en place d'un groupe de travail interinstitutionnel sur l'amélioration du processus législatif, "composé de représentants politiques du Conseil, du Parlement et de la Commission" (voir EUROPE du 13, juin, p.3).

La résolution, qui touche à tous les principaux thèmes du Sommet, évoque en particulier: - le "droit d'asile, immigration et intégration". Le PE regrette que jusqu'ici, "ce soit essentiellement le Conseil lui-même qui ait freiné la réalisation de progrès réels" dans ce domaine et souligne que c'est dans le cadre d'une "véritable politique européenne commune" d'asile et d'immigration, comme prévu à Tampere, que "doit se développer une lutte efficace contre l'immigration illégale et le trafic d'êtres humains" (à Séville, il faudra attirer l'attention du gouvernement Berlusconi sur ce point, commente l'élu des Democratici di sinistra Giorgio Napolitano, estimant que les mesures approuvées dernièrement par le parlement italien ne garantissent pas un tel équilibre). En adoptant un seul amendement, du libéral néerlandais Jules Maaten, le PE lance une mise en garde: ce serait inapproprié de "gratifier" certains pays tiers de l'aide communautaire et en priver d'autres en fonction de la manière de laquelle ils traitent le phénomène migratoire.

Quant au problème gréco-turc qui bloque un accord UE/OTAN, le PE se demande si "le Haut Représentant pour la PESC ne devrait pas négocier directement (...) avec le Secrétaire général de l'OTAN".

Sur les suites de Barcelone, le PE rappelle que "l'intégration des réseaux européens et l'ouverture des marchés de services publics doivent se faire dans le plein respect des principes de cohésion territoriale et sociale et des principes de l'article 16 du Traité CE (services d'intérêt économique général).

Au cours du débat, le social-démocrate autrichien Johannes Swoboda a estimé qu'il faut faire comprendre aux citoyens que l'Union a besoin d'immigration, mais doit aussi, à la fois, lutter contre l'immigration illégale et intégrer les immigrés légaux. Hubert Pirker (ÖVP, autrichien) le reconnaît aussi, tout en affirmant qu'il ne faut pas ignorer les inquiétudes des peuples (si on ne le fait pas, prévient-il, on risque de ne pas être élu...). M. Pirker soutient les idées de M. Aznar, ce qui n'est pas le cas, notamment, de l'Espagnol Roman Nogueira (Verts/ALE), qui reproche à la présidence de vouloir une Europe de la police, tout comme sa compatriote socialiste Anna Terrón. M. Nogueira critique aussi son gouvernement pour ses propositions de réforme du Conseil, qu'il considère "arrogantes et impertinentes". Et Bastiaan Belder (néerlandais, Europe des démocraties et des différences) insiste à ce propos sur l'équilibre parmi les pays membres. Quant aux suites de Barcelone, Ilkka Suominen (PPE/DE, finlandais) constate certains progrès, mais les trouve insuffisants, et il soupire: "parfois Margaret Thatcher me manque...". La socialiste française Pervenche Berès, elle, insiste sur l'urgence de la directive-cadre sur les services publics annoncée par la Commission européenne .C'est une certaine lassitude dans le processus d'élargissement qui trouble Inigo Mendez de Vigo (Partido popular): certains dirigeants semblent moins motivés, et demandent des mesures dans le domaine agricole pour se protéger, regrette-t-il. Concernant les relations extérieures, le Vert italien Reinhold Messner a dit que l'Union, qui ne peut pas rester indifférente au conflit Inde/Pakistan, doit essayer d'exercer son influence à la fois sur les deux parties. La travailliste britannique Neena Gill renchérit dans le même sens: la guerre n'est jamais une solution, dit-elle. Deux Irlandais ont exprimé leurs appréhensions pour le nouveau référendum sur le Traité de Nice: le travailliste Proinsias de Rossa est convaincu qu'un autre "non" au traité renforcerait le parti anti-européen, et John Cushnahan (Fine Gael) souligne la responsabilité de la classe politique, qui ne s'était pas assez engagée lors du premier référendum. Si elle ne se ressaisit pas, l'Irlande risque, selon lui, de dériver vers une relation "semi-détachée" avec les autres pays de l'Union. Carles Gasoliba (ELDR, espagnol) demande pour sa part que la question du siège de certaines agences soit réglée à Séville. Au sommet, il faudrait parler aussi des propositions de réforme de la politique de la pêche, estime Carlos Bautista (Verts/ALE). Ramon de Miguel a essayé de faire front à ces critiques en rappelant que Séville "n'est qu'un sommet", et que la Présidence espagnole a obtenu des résultats dans beaucoup de domaines. C'est l'Union qui fait des progrès, pas seulement la présidence, a-t-il dit, en indiquant que le bilan sera présenté au Parlement par José Maria Aznar, à la session de juillet.

 

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