Bruxelles, 06/06/2002 (Agence Europe) - Un nouveau rapport publié mercredi par la Commission confirme la faible représentation des femmes dans le secteur de la recherche. Elaboré par le Groupe d'Helsinki, ce rapport établit à partir des statistiques disponibles - souvent difficilement comparables - des profils nationaux pour les Etats membres de l'UE et les pays candidats. Il vient appuyer la démarche initiée par la Commission en vue de renforcer la participation des femmes à la recherche, y compris dans les structures décisionnelles, où elles demeurent particulièrement sous-représentées. Le rapport a été rendu public alors que s'ouvrait à Madrid un séminaire organisé par la Présidence espagnole: « Femmes et Science: promouvoir les femmes dans le secteur scientifique ».
Le rapport montre que les femmes sont sous-représentées dans tous les secteurs scientifiques, mais de manière croissante au fur et à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie. Alors qu'elles représentent plus de 50% de la population scolarisée, les femmes ne constituent que 31,7% des chercheurs de l'enseignement supérieur dans l'UE (notamment à cause de la faible présence des Allemandes: moins d'une femme pour quatre chercheurs). Le pays qui a le plus fort taux de présence féminine est l'Irlande (46,2%), suivie par le Portugal (44,7%) et la Grèce (44,3%), ce qui laisse penser que les femmes ont un accès plus aisé à des postes de recherche dans des pays où les structures de recherche sont relativement jeunes alors que les institutions scientifiques, et en particulier leurs structures décisionnelles, restent aux mains des hommes dans des pays qui ont une longue tradition de recherche. Dans les pays candidats, la situation peut paraître nettement meilleure, mais ce serait sans tenir compte de la vetusté des laboratoires, des salaires et des moyens financiers. La présence plus importante des femmes peut dès lors s'analyser comme le résultat de la fuite des chercheurs masculins vers l'Europe occidentale ou les Etats-Unis. La répartition des femmes entre les secteurs de recherche varie aussi considérablement: très présentes dans les sciences médicales et sociales (en Irlande, on compte 67,6% de femmes dans la recherche médicale), elles demeurent particulièrement sous-représentées dans les domaines plus techniques.