Bruxelles, 13/05/2002 (Agence Europe) - Le Conseil Ecofin a salué la conclusion des négociations de l'UE avec le Chili et encouragé les efforts des autorités argentines pour conclure un accord avec le FMI, dans une "contribution" qui sera transmise au Sommet UE/Amérique latine du 17 mai à Madrid (voir EUROPE du 11 mai, p.7). Les ministres européens de l'Economie et des Finances soulignent dans ce texte que le programme de réformes argentin devrait couvrir notamment: 1) un cadre économique transparent, "incluant notamment une stratégie budgétaire réaliste et soutenable à tous les niveaux de gouvernement, ainsi qu'une stratégie monétaire et de taux de change consistante" ; 2) une réforme du système bancaire, "qui ne devrait pas supporter une part démesurée du coût des efforts d'ajustement" ; 3) une restructuration de la dette internationale permettant un développement soutenable à long terme ; 4) un renforcement du cadre institutionnel et la restauration de la stabilité juridique. De son côté, indiquent les ministres, "l'UE continuera à examiner les moyens de faciliter les échanges commerciaux, en coordination avec le FMI et la Banque mondiale, afin de disposer de l'assistance technique nécessaire et faciliter la restructuration de la dette". Rappelons que le Conseil examine actuellement des propositions visant à augmenter, à la demande de Buenos Aires, les quotas de viande bovine de qualité importée d'Argentine, concessions auxquelles la France, l'Autriche, l'Irlande et la Belgique sont plutôt hostiles (voir EUROPE du 8 mai, p.16).
La contribution du Conseil Ecofin dresse par ailleurs un vaste tableau de la situation économique et des défis auxquels est confrontée l'Amérique latine. Les ministres constatent que l'impact de la crise argentine a été "plus limité qu'on pouvait le craindre au départ", grâce à la politique monétaire et fiscale "prudente" même dans la plupart des pays. La croissance devrait dès lors se maintenir autour de 1% en 2002 sur le continent et atteindre 3 à 3,5% en 2003. Notant que le cadre budgétaire de la plupart des pays reste cependant fragile, les ministres soulignent la nécessité de "persévérer dans la consolidation des efforts dans le domaine budgétaire, comprenant un contrôle des dépenses, et de réduire la sensibilité des revenus budgétaires aux fluctuations des prix sur le marché international des matières premières".
La contribution de l'Ecofin met par ailleurs l'accent sur les inégalités sociales persistantes dans la région, en suggérant d'augmenter les dépenses d'éducation et de santé de base, et d'introduire un système fiscal progressif, des réformes agraires et des réformes du marché du travail. "L'UE continuera à soutenir la mise en œuvre des réformes et la lutte contre la pauvreté en Amérique latine, à travers l'assistance technique dont elle dispose", précisent les ministres Ecofin.
"L'UE considère la prévention des crises comme une priorité primordiale pour la région dans son ensemble", notent aussi les ministres, en plaidant pour le développement d'un marché global des capitaux, fondé sur la mise en œuvre des normes communes dans le domaine statistique, monétaire, financier et de transparence fiscale. En outre, "l'UE considère que l'implication du secteur privé est un élément de base du règlement des crises".
Les ministres Ecofin réitèrent le soutien de l'UE à l'égard des processus d'intégration régionaux, en soulignant que "l'intégration économique sera un élément clef du développement de la région". Tout en notant que "malheureusement les progrès du Mercosur ont ralenti ces dernières années", ils soutiennent le développement de la coopération entre le Mercosur et la Communauté andine. "Les Etats membres notent avec intérêt les initiatives de surveillance macro-économique et de convergence lancées ces dernières années dans la Communauté andine et le Mercosur", indique le texte, en précisant que "l'UE reste prête à partager son expérience en matière de politique de surveillance multilatérale et de coordination macro-économique".