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Bulletin Quotidien Europe N° 8198
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/proche-orient

Rencontres de députés européens de six groupes à la Knesset, avec le Conseil législatif palestinien et avec les représentants de l'UE sur place

Jérusalem, 23/04/2002 (Agence Europe) - Vingt députés européens de six groupes politiques ont eu les 22 et 23 avril, à Jérusalem, des entretiens avec des représentants de la Knesset, de mouvements israéliens en faveur de la paix, du Conseil législatif palestinien, et de l'Union européenne (voir EUROPE du 17 avril, p.8).

Lundi soir, lors de la rencontre avec les parlementaires européens, la vice-présidente de la Knesset Naomi Chazam s'est prononcée contre l'imposition de sanctions contre Israël, notamment parce qu'on risquerait ainsi, selon elle, d'affaiblir la « micro-opposition » qui est en train de se développer au sein de l'opposition publique israélienne contre la politique actuelle. En Afrique du Sud, les sanctions ont été efficaces, mais il a fallu dix ans, a-t-elle rappelé, en s'exclamant: « ici, nous n'avons pas dix ans, nous n'avons pas dix mois, et sans doute même pas dix semaines ». En revanche, la vice-présidente du parlement israélien s'est dite favorable à une forte intervention internationale permettant de faire cesser la violence et de relancer le processus de négociation. Cette position représenterait un tournant dans l'opinion publique israélienne, a souligné Michael Warschawski, président du Centre d'information alternatif, devant quelques journalistes qui accompagnaient la délégation européenne.

Mardi matin, la délégation parlementaire s'est entretenue avec Jean Breteché, chef de la Délégation de la Commission européenne auprès de l'Autorité palestinienne, à Jérusalem-Est. A cette occasion, ce dernier a constaté que les Européens disposent des instruments pour faire pression sur Israël, mais qu'ils n'ont pas le courage de les utiliser (il a cité en particulier la coopération en matière de recherche, à laquelle les Israéliens tiennent beaucoup, et différents points énumérés dans la résolution adoptée par le Parlement européen le 10 avril à Strasbourg: voir EUROPE du 11 avril). Par ailleurs, il a indiqué que la Commission et les différentes organisations internationales vont évaluer le coût de la reconstruction des infrastructures détruites par les interventions de l'armée israélienne, et que la Commission et les autres donateurs voudront s'assurer, dans des contacts avec le ministère israélien de la Défense, que les infrastructures reconstruites ne risquent pas d'être détruites à nouveau.

Mardi, les députés européens ont rencontré aussi Abu Ala, porte-parole du Conseil législatif palestinien, qui les a remerciés de faire une telle visite à une époque si critique. Le responsable palestinien a adressé une demande pressante aux parlementaires: adoptez une résolution centrée uniquement sur la nécessité de mettre fin à l'occupation des territoires palestiniens, leur a-t-il dit.

Rappelons que le Président du Parlement européen Pat Cox a rencontré le Président de la Knesset Avraham Burg, mardi soir à Bruxelles. Nous y reviendrons.

Parmi les participants à la visite figurent sept membres du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, dont le président Francis Wurtz, les membres du groupe socialiste Anna Karamanou (grecque) et Proinsias De Rossa (irlandais), les libérales Lousewies van der Laan (néerlandaise) et Baroness Sarah Ludford (britannique), les membres du groupe des Verts/Alliance libre européenne Per Gahrton (suédois) et Camilo Nogueira i Roman (élu de Galice, en Espagne), la Danoise Ulla Sandbaek (Europe des démocraties et des différences) et le conservateur britannique Roy Perry (groupe PPE-DE).

Les députés ont aussi visité le camp de Jenine, où ils ont rencontré en particulier le représentant des réfugiés Jamal Shaat et le directeur de l'hôpital, ainsi que des familles qui leur ont demandé de témoigner des destructions qu'ils avaient pu vérifier de leurs yeux. Il faut passer "de l'indignation à l'action", et l'UE a les moyens d'agir, a affirmé Francis Wurtz qui, sans vouloir anticiper les conclusions de la mission d'information de l'ONU, a parlé de "crime de guerre". Lousewies van der Laan s'est prononcée elle aussi pour des sanctions, tout en reconnaissant qu'elles ne font pas l'unanimité, et Proinsias De Rossa a estimé que l'UE devrait au moins suspendre l'accord d'association avec Israël. Il s'est clairement agi ici d'actes de destruction systématiques, a dit Roy Perry, tout en soulignant que les parlementaires n'avaient pas entendu la partie israélienne.

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