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Bulletin Quotidien Europe N° 8198
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Christan Noyer admet devant les parlementaires que dans les prochains mois le taux d'inflation de la zone euro dépassera ce qu'on avait escompté à la fin de 2001

Bruxelles, 23/04/2002 (Agence Europe) - En 2002 , l'inflation dans la zone euro pourrait « finir par être un peu plus élevée que nous ne l'avions prévu à la fin de 2001 », a reconnu le vice-président (sortant) de la Banque centrale européenne Christian Noyer en présentant mardi matin à la commission économique et monétaire du Parlement européen le rapport annuel de la BCE sur la situation en 2001. La présidente de la commission économique et monétaire, Christa Randzio-Plath a salué le fait que ce rapport, à partir de cette année, comporte aussi un chapitre sur le dialogue régulier entre la Banque et le Parlement européen. Pendant l'échange de vues avec les députés, M. Noyer a été en fait interrogé surtout sur les perspectives pour 2002, et sur son appréciation personnelle, à un mois de la fin de son mandat, sur la manière de laquelle la Banque a travaillé depuis sa création. Christian Noyer, qui rencontrait pour la dernière fois les députés européens avant de céder sa place à Lucas Papademos (voir plus haut), a tenu à souligner à cette occasion le « rôle capital » de la commission économique et monétaire du Parlement européen « dans la mise en oeuvre de l'ensemble institutionnel qui permet d'avoir une politique monétaire qui soit acceptée, soutenue et comprise par les citoyens ».

Piia Noora Kauppi (PPE-DE), rapporteur du Parlement européen sur le rapport de la BCE pour 2001, s'est surtout inquiétée des causes de la hausse du taux d'inflation, et M. Noyer a admis que la cause principale est l'augmentation des prix de l'énergie, et surtout du pétrole. Beaucoup dépendra de ce qui arrivera dans ce domaine dans les semaines et mois prochains, a-t-il constaté, en ajoutant: « si les prix de l'énergie se stabilisent ou même diminuent un peu », les risques d'une flambée de l'inflation seront très limités. M. Noyer s'est dit « encore confiant que l'inflation descendra au-dessous de 2% dans les prochains mois ». Cependant, a-t-il dû concéder, en 2002 le taux d'inflation moyen dans la zone euro sera plus proche de 2% de ce que j'aurais espéré. En 2001, le taux d'inflation moyen de la zone euro a été de 2,5%, a rappelé M. Noyer. Quant à la croissance du PIB dans la zone euro, il a confirmé que la BCE s'attend à une reprise en 2002, soutenue à la fois par la demande intérieure et par des facteurs internationaux, mais il a aussi apporté une nuance, en disant que quelques « incertitudes » planent sur la force de cette reprise.

M. Noyer a par ailleurs répondu à des questions de:

- Robert Goebbels, socialiste luxembourgeois, inquiet que la BCE ne tienne pas suffisamment compte des risques de déflation. La Banque, a assuré M. Noyer, "comprend ce que le traité nous demande de manière tout à fait symétrique", et le Conseil des gouverneurs estimerait qu'il "aurait failli à sa mission si nous étions entrés dans une phase de déflation". Avez-vous formellement voté, jusqu'ici, au sein du Conseil des gouverneurs? M. Noyer a expliqué à M. Goebbels: "consensus ne veut pas dire unanimité. Cela veut dire simplement que, si dans le débat il se crée un sentiment majoritaire, et que tout le monde constate qu'il est très majoritaire, personne n'insiste sur un vote formel". M. Goebbels a insisté: y a-t-il eu, ces dernières années, une décision de la BCE qui, selon vous, aurait dû être prise "plus tôt ou différemment?". "A priori, pas différemment", a répondu M. Noyer, alors que sur le moment de la prise de décision il a remarqué: "jusqu'à l'automne dernier, tous les quinze jours nous avons discuté sur la politique monétaire; cela ne se passait pas au cours d'une seule discussion, mais de deux ou trois discussions successives, et en termes techniques", le moment de la décision "ne faisait que peu de différence", alors qu'en "termes psychologiques" ça déclenchait une discussion publique "pendant deux ou trois semaines". Quant au "parler" des banquiers centraux (défini par le président de la FED, Allan Greenspan, l'art de "marmonner", a noté M. Goebbels), M. Noyer a admis qu'il est "un peu triste, souvent", mais que "il faut se méfier des petites phrases incontrôlées qui font bouger les marchés dans un sens non voulu".

- Christa Randzio-Plath, sur le mandat de la BCE. En répondant à la sociale-démocrate allemande comme aux autres députés qui font constamment des comparaisons avec la Federal Reserve aux Etats-Unis, M. Noyer a rappelé que le mandat de la FED remonte à "des décennies", alors que les statuts de banques centrales modernes adoptés dans les derniers dix ou vingt ans partent tous de l'objectif de la stabilité des prix. Et il a cité la Banque d'Angleterre et les banques centrales de la Suisse, du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

- Alain Lipietz, vert français, qui s'est dit "stupéfait" de constater, à la lecture du rapport annuel, que la BCE "n'est même pas capable de dire ce qu'est pour elle la croissance potentielle de l'UE". Il ne faut pas mal interpréter ce rapport, a rétorqué M. Noyer, en disant qu'à la banque "nous sommes toujours prêts à accepter une croissance plus forte".

- Othmar Karas (ÖVP, autrichien) , qui s'interrogeait sur le rôle de l'or comme réserve. Même les pays où les réserves en or ont diminué de manière relativement importante n'envisagent pas de "se débarrasser de tout leur or", a signalé M. Noyer, en constatant que l'importance de l'or "décline lentement", mais en estimant qu'il "ne disparaîtra pas d'un jour à l'autre".

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