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Bulletin Quotidien Europe N° 8180
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/palestine

Les parlementaires européens et palestiniens posent le problème de la suspension de l'accord d'association UE/Israël et de la compensation pour les destructions des infrastructures financées par l'UE

Bruxelles, 26/03/2002 (Agence Europe) - La délégation du Parlement européen pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, dirigée par Luisa Morgantini (Gauche unitaire, italienne), a rencontré lundi et mardi à Bruxelles Ibrahim Abul-Naja, vice-président du Conseil législatif palestinien, Ziad Abu-Amr, président de sa commission politique, et Rawya Shawa, membre de cette commission. Deux autres membres du Conseil législatif n'ont pas pu se rendre à Bruxelles à cause des entraves opposées par Israël, "dans cette deuxième intifada", à leur liberté de mouvement, a déploré Mme Morgantini mardi devant la presse.

Au cours de cette rencontre, a indiqué Luisa Morgantini, nous avons insisté en particulier sur la reconnaissance réciproque entre "deux peuples/deux Etats", et sur la fin de l'occupation militaire qui persiste dans les territoires depuis 1967, condition essentielle pour parvenir à une paix durable. Les députés européens ont aussi souhaité que le Président Cox et d'autres présidents de parlements de l'UE puissent visiter ensemble Israël et les territoires palestiniens, comme le demande une récente résolution du PE, a souligné Mme Morgantini. Nous avons par ailleurs affirmé que l'Union européenne doit "appliquer ce qu'elle signe et qu'elle ratifie, en commençant par son accord d'association" avec Israël, a-t-elle dit, en rappelant: l'article 2 de l'accord prévoit la possibilité de sa suspension en cas de violations des droits de l'homme, et Israël est en train de les violer, ainsi que, d'ailleurs, les dispositions sur les règles d'origine.

Quant aux infrastructures palestiniennes financées avec l'aide de l'UE et détruites par l'armée israélienne, Mme Morgantini a noté que, lors d'une rencontre avec les parlementaires européens et palestiniens, mardi, le Commissaire Chris Patten avait remarqué une fois de plus qu'il s'agissait d'infrastructures qui n'avaient rien à voir avec le sécurité d'Israël, mais aussi que M. Patten avait admis qu'il était difficile pour la Commission de demander des compensations, car ces infrastructures étaient la propriété de l'Autorité palestinienne, qui devrait demander à Israël le remboursement pour les dommages subis alors qu'elle est "prisonnière de la politique de Sharon".

Lousewies van der Laan, libérale néerlandaise (Démocratie 66), en répondant à des questions, a précisé que Chris Patten n'a pas dit qu'il "ne veut pas demander des compensations". La Commission européenne a demandé, lors du dernier Conseil affaires générales, que cette option reste ouverte, a-t-elle noté, en ajoutant que l'UE devrait vérifier si elle peut rester temporairement propriétaire d'un pourcentage symbolique de ces infrastructures (1%,même), afin d'avoir juridiquement le droit de demander des compensations. Les 19,6 millions d'euros de dommages dont on parle se réfèrent seulement à l'aide fournie par l'Union, alors que les dommages sont bien plus importants, a-t-elle dit. Par ailleurs, à propos de la possible suspension de l'accord UE/Israël, elle a fustigé l'attitude de certains Etats membres - Royaume-Uni, Allemagne et Pays-Bas, qu'elle a cités - qui, a-t-elle dit, "font beaucoup de difficultés", alors qu'il y a de plus en plus des parlementaires qui ont, au contraire, des problèmes à continuer à faire du "business as usual" avec Israël. Mme van der Laan a annoncé la tenue d'un séminaire au mois de mai sur les questions liées à une éventuelle suspension de l'accord.

Côté palestinien, Abul-Naja a reproché à Israël de vouloir, par sa politique de destruction, empêcher une solution pacifique au Proche-Orient. Et, avec Ziad Abu-Amr, il a affirmé que, en posant des conditions inacceptables pour la présence du Président Arafat au Sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, Israël entend torpiller le sommet et l'initiative de paix saoudienne. Ziad Abu-Amr a appelé l'Union européenne à reconnaître l'Etat palestinien dans les frontières d'avant juin 1967 et a condamné une fois de plus la politique du Premier ministre Sharon, qui empêche le Conseil législatif israélien de se réunir et de "faire son travail démocratique", a-t-il dit. Quant à Rawya Shawa, elle a considéré "très fructueuse" et "encourageante" la rencontre avec le Commissaire Patten, et, à propos de la nécessaire reconstruction des infrastructures détruites, elle a commenté: il ne s'agit pas seulement de dégâts matériels, il s'agit de "reconstruire l'être humain".

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