Bruxelles, 13/03/2002 (Agence Europe) - L'UE a réfuté mardi tout lien éventuel entre la prochaine décision de l'OTAN (attendue pour le Sommet de Prague en automne) sur les nouveaux pays membres de l'Alliance atlantique, et la décision des Quinze (attendue, en principe, pour la fin de l'année) sur le nombre et l'identité des candidats qui seront admis à rejoindre l'UE en 2004. Lors d'un point de presse à l'issue du Conseil d'association UE/Slovaquie, la Présidence espagnole de l'UE et la Commission ont été interrogées sur les possibles implications -sur le processus d'élargissement de l'UE- d'une éventuelle décision négative de l'OTAN à propos de l'adhésion de la Slovaquie, au cas où les élections générales de septembre prochain devraient permettre à Vladimir Meciar, l'ancien Premier ministre et actuel leader de l'opposition (dont la politique avait empêché le pays, en 1998, de remplir les critères politiques requis pour ouvrir les négociations d'adhésion avec l'UE) de revenir au pouvoir. Des sources américaines de haut niveau ont récemment laissé entendre qu'avec Meciar à la tête du gouvernement, la Slovaquie ne pourrait pas compter sur une décision positive au Sommet de Prague. "L'OTAN est l'OTAN, et l'Union européenne est l'Union européenne. L'on ne devrait pas mélanger les choses", a dit Josep Piqué, le ministre espagnol des Affaires étrangères (et actuel président du Conseil) qui présidait le Conseil d'association. "L'UE s'est fermement engagée en faveur de l'élargissement et en faveur d'une adhésion de la Slovaquie selon le calendrier convenu", a-t-il dit. Eneko Landaburu, le directeur général à l'élargissement de la Commission européenne, a lui aussi souligné le caractère autonome et souverain des deux organisations. "Le processus d'adhésion à l'UE est un processus totalement autonome, avec sa propre procédure et ses propres critères", a dit M.Landaburu. Le processus d'élargissement de l'UE est donc entièrement séparé de celui de l'élargissement de l'OTAN, et il n'est "pas question de lier les deux". Quant à l'enjeu des prochaines élections en Slovaquie, la Commission ne veut pas s'y immiscer. "C'est au peuple slovaque de décider qui ils souhaitent voir diriger leur pays", a dit M.Landaburu. Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Eduard Kukan, s'est dit néanmoins convaincu que, quel que soit le gouvernement qui sortira vainqueur des élections de septembre, "il s'agira d'un gouvernement démocratique qui poursuivra la même ligne et la même politique d'intégration européenne que l'actuel gouvernement". L'affaire des décrets de Benes n'a pas été officiellement évoquée lors du Conseil d'association mais, parlant à la presse, M.Kukan a qualifié de "malheureuse" la décision du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, d'ouvrir le débat sur ce sujet délicat et sensible lors de son apparition récente devant une commission du Parlement européen. "Nous devrions regarder devant nous, et pas revenir en arrière", a-t-il commenté. Le ministre s'est dit aussi confiant que la coopération au sein du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque), qui avait été suspendue momentanément en raison de la polémique sur les décrets Benes, retrouvera très bientôt son rythme normal. M.Kukan a aussi souligné la disponibilité du gouvernement slovaque à poursuivre la recherche d'une solution au différend qui l'oppose à la Hongrie à propos de la loi hongroise sur le statut des minorités hongroises vivant dans les pays voisins ("status law"). "La Slovaquie est prête à continuer le dialogue avec la Hongrie en vue de trouver une solution qui soit acceptable pour les deux côtés", a-t-il dit. M. Landaburu a souligné qu'il s'agit d'une "affaire purement bilatérale" qui ne fait aucunement l'objet des négociations d'adhésion.