Bruxelles, 11/03/2002 (Agence Europe) - Le Conseil informel Défense de l'UE se réunira les 22 et 23 mars à Zaragoza, sous la présidence du ministre espagnol de la Défense, Federico Trillo. Dans une lettre adressée la semaine dernière à ses homologues, M. Trillo indique que le déjeuner du vendredi 22 mars sera consacré à l'inclusion des mesures de lutte contre le terrorisme dans le deuxième pilier (PESC) souhaitée par le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar.
Vendredi après-midi, les discussions porteront sur la mise en œuvre du plan d'action pour le développement des capacités militaires de l'UE et les relations UE/OTAN. La Grèce bloque toujours la conclusion d'un accord UE/OTAN sur la base du compromis conclu avec la Turquie à la fin de l'année dernière, mais "un travail diplomatique intense est en cours", note un diplomate (voir EUROPE du 27 février p.4). Jusqu'à présent, la mise en œuvre du plan d'action adopté en novembre dernier n'a abouti qu'à la mise en place de groupes de travail (voir EUROPE du 2 mars, p. 5 et des 25/26 février, p.5) Hasard ou coïncidence, le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, a souligné lors d'une conférence la semaine dernière à Bruxelles que "la vérité est que les aspirations et les ambitions européennes ne correspondent pas à ses ressources". Si l'UE ne souhaite pas que les Etats-Unis s'orientent vers "l'unilatéralisme ou l'isolement, tous les pays européens doivent se montrer prêts à développer effectivement les capacités de gestion de crise", a affirmé Lord Robertson.
Pendant la matinée de samedi, les ministres de la Défense feront le point sur la situation dans les Balkans et l'éventualité d'une intervention de la Force européenne en Macédoine. La Présidence espagnole avait proposé, avec le soutien de la France, de l'Italie et de la Grèce notamment, que la Force européenne de réaction rapide prenne le relais de la mission "Amber Fox" de l'OTAN, dont le mandat vient d'être prolongé jusqu'au 26 juin. L'Allemagne, les Pays Bas et le Royaume-Uni sont pour l'heure toujours réticents et souhaitent que l'accord sur l'utilisation des capacités de commandement et logistique de l'OTAN soit conclu auparavant. Le ministre britannique de la Défense, Geoff Hoon, a même remarqué dans un échange de lettres avec le ministre britannique des Affaires étrangères qu'une intervention en Macédoine constitue "un vrai risque d'échec" étant donné l'état de préparation de la force de réaction européenne (voir EUROPE du 4 et 5 mars, p.4).
A l'OTAN, les diplomates s'interrogent sur le manque de capacités de l'UE dans des domaines tels que les communications, les structures de commandement, les avions de transport de troupes. Ils remarquent aussi que l'UE manque de capacités en hommes pour assurer le relais à l'arrière, comme c'est le cas actuellement pour la "KFOR Rear" en Macédoine. Le président macédonien Trajkovski a répété, lors de sa visite à Bruxelles, que la Macédoine, "se satisfera de toute décision prise en commun par l'UE et l'OTAN" (voir EUROPE du 8 mars, p. 14). L'attitude des autorités américaines serait "globalement positive" sur l'idée d'un relais européen en Macédoine, indique la porte-parole du Haut Représentant pour la PESC Javier Solana après la visite de ce dernier à Washington.