Bruxelles, 11/03/2002 (Agence Europe) - En dépit des efforts déployés par la Présidence espagnole, les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont échoué, lundi à Bruxelles, à se mettre d'accord sur un calendrier d'augmentation de l'aide publique au développement des Etats membres qui permettrait à l'Union d'afficher une position ambitieuse à la conférence de l'ONU sur le financement du développement qui se tiendra à Monterrey (Mexique) du 18 au 22 mars 2002.
Commentant cette situation devant la presse, Josep Piqué a toutefois insisté sur la qualité du « débat intense sur ce sujet complexe qui a mobilisé les ministres toute la matinée pendant la session formelle et au déjeuner ». Selon lui, le Conseil a « avancé » car il a réussi à rapprocher des positions au départ très éloignées. « Nous sommes parvenus à nous entendre sur la nécessité de parvenir à un accord avant Barcelone. Des positions divergentes nécessiteront des consultations auprès des gouvernements respectifs », a-t-il déclaré. Rappelant qu'en contribuant à plus de 50% de l'effort mondial d'aide publique au développement, l'Union européenne (Communauté et Etats membres) est « de loin le principal donateur », il a précisé que les moyens d'intensifier cet effort sur la base du compromis débattu par le Conseil, feraient l'objet de consultations intensives dans les prochains jours en vue de parvenir à un accord à faire entériner par le Conseil européen de Barcelone. Au nom de la Commission, Poul Nielson a souligné l'interaction entre la conférence de Monterrey, la mise en œuvre de l'agenda de développement de Doha (OMC) et le sommet mondial du développement durable de Johannesburg (fin août/septembre 2002.). Exprimant l'espoir qu'une position de l'Union pourra être dégagée sur le calendrier d'augmentation du volume de l'aide bilatérale des Etats membres, le Commissaire a insisté sur le caractère inédit de ce débat, au niveau communautaire. Il a également évoqué la nécessité, à Monterrey, de « faire avancer le déliement de l'aide », point sur lequel les ministres des Affaires étrangères ont marqué leur accord.
La proposition de compromis, présentée aux ministres par Josep Piqué, prévoyait que tous les pays n'ayant pas atteint l'objectif assigné par l'ONU aux pays industrialisés - affecter 0,7% de leur PNB à l'aide publique au développement (APD) - s'engagent individuellement à augmenter le niveau de leur APD dans les quatre années à venir, dans les limites imposées par leurs contraintes budgétaires, tandis que les autres (ceux qui ont déjà atteint, voire dépassé les 0,7% , à savoir Danemark: 1,06%, Pays-Bas: 0,82%, Suède: 0,80%, Luxembourg: 0,7%) soutiendraient leurs efforts pour maintenir leur niveau actuel afin que la moyenne communautaire passe de 0,33 actuellement à 0,39% en 2006.
Cette ultime tentative de rallier tous les Etats membres à un texte qui vise à répartir collectivement les efforts en augmentant l'effort individuel demandé aux pays les moins généreux s'est heurtée aux réticences de l'Allemagne, qui rechigne à augmenter son APD, et à l'indécision de trois délégations ambitieuses (Suède, Danemark, Pays-Bas) qui, jugeant le compromis trop faible, ont demandé du temps pour en référer à leurs capitales. Les pressions exercées par Josep Piqué et par le Président de la Commission Romano Prodi n'ont pas suffi pour surmonter ce blocage. Mais c'est ce compromis, soutenu par 11 délégations, qui fera l'objet de consultations jusqu'à jeudi en vue de déblayer le terrain pour Barcelone.