Bruxelles, 11/03/2002 (Agence Europe) - Venu proposer aux Etats membres son programme de travail pour 2002 et quelques suggestions de réforme, le nouveau coordinateur du Pacte de stabilité pour les Balkans, Erhard Busek, a plaidé pour un maintien fort et durable de l'engagement de l'Union européenne dans la région. Erhard Busek, qui s'attend à « une réduction de l'engagement des Etats-Unis dans la région », a pour principal « souci que l'Europe examine bien si elle est prête à assumer une responsabilité croissante ». Il «y a beaucoup de travail à faire sur ce point», a-t-il indiqué. Le coordinateur du Pacte de stabilité a estimé que la communauté internationale « a appris des leçons » de ses interventions en Bosnie ou au Kosovo, mais peut-être pas « assez vite ». Il a insisté aussi sur l'importance de la coopération entre les différents acteurs de la communauté internationale.
« L'essentiel, c'est la coopération transfrontalière, c'est là qu'est la valeur ajoutée du Pacte de stabilité », a déclaré Erhard Busek en rappelant qu'il avait été créé dans cette perspective et pour coordonner l'aide à la région. « La région en elle-même doit assumer davantage de responsabilités », estime-t-on désormais au sein du Pacte. Erhard Busek souhaite que la région « parle d'une seule voix ». L'organisation de cette coopération sera un des objectifs de la Conférence de Tirana qui réunira le 28 mars les pays de la région (SEECP). Le Pacte souhaiterait que la région ait un représentant à Bruxelles, éventuellement en remplacement de l'envoyé du Pacte dans la région, basé à Bucarest. «C'est aux pays de la région de décider », explique-t-on dans l'entourage d'Erhard Busek.
Erhard Busek, qui estime que le Pacte ne doit pas seulement être « technique », mais aussi politique, a appelé l'UE à adopter une nouvelle stratégie pour la région après la prochaine vague d'adhésions à l'UE. Interrogé sur la déception qu'a suscitée dans la région la lenteur du lancement des projets nommés mal à propos « Quick start package », il a estimé que la situation s'améliorait. Selon lui, la déception venait en partie du manque de connaissance dans la région des procédures européennes. Il a aussi suggéré des aménagements dans l'organisation du pacte et de ses trois groupes de travail.
Les priorités proposées pour 2002 sont: 1) le commerce: « créer de facto une zone de libre-échange dans la région » par le biais d'accords bilatéraux; huit sont déjà signés, sur un objectif de 21; 2) favoriser les investissements ; 3) mener à bien toute une série de projets d'infrastructures, notamment du Paquet « Quick start », particulièrement dans le domaine de l'énergie. « 97% des projets de ce Paquet ont commencé » ; 4) « trouver des solutions durables pour 100.000 réfugiés et personnes déplacées en accroissant le niveau de retour et l'aide à l'intégration », avec un soutien pour retrouver des emplois, et la possession de leurs biens ; 5) dialogue entre les différents acteurs de la communauté internationale; 6) travailler à la collecte des armes légères: une rencontre aura lieu ce mois-ci à Belgrade sous les auspices des Nations Unies; 7) la lutte contre le crime organisé: Erhard Busek espère qu'un officier de liaison d'Europol sera nommé dans la région.