Bruxelles, 27/02/2002 (Agence Europe) - A quelques jours du Conseil Environnement du 4 mars qui consacrera une partie importante de ses travaux à la stratégie communautaire pour le développement durable et à la dimension mondiale de cette problématique - la ratification du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques en fait partie intégrante - (voir EUROPE du 23 février , p. 10), Margot Wallström, Commissaire européen à l'Environnement, a lancé à Bruxelles un appel à un sursaut de l'Union et de la communauté internationale pour garantir le succès du Sommet mondial de Johannesburg en septembre prochain.
Dans un discours prononcé à la conférence «Dialogue sur la durabilité et la globalisation: vers Johannesburg » , organisée par le European Policy Centre, Margot Wallström a rappelé l'enjeu de ce sommet, qui doit s'attaquer aux liens complexes entre la pauvreté et l'environnement. «Johannesburg ne peut traiter des problèmes environnementaux isolément. L'OMS estime qu'une qualité médiocre de l'environnement contribue à 25% des maladies que l'on peut prévenir dans le monde. Les pauvres sont par excellence sur la ligne de front », a-t-elle déclaré. Et d'appeler de ses voeux des actions concrètes dans quatre domaines - l'énergie, l'eau, l'environnement urbain, le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique- qui se situent à l'interface de l'éradication de la pauvreté et de l'amélioration de l'environnement en conciliant le développement économique et la prise en compte des préoccupations sociales et environnementales.
Soulignant la nécessité d'avoir « les Etats-Unis à bord » et de « travailler avec tous les partenaires », la Commissaire a invité l'Union européenne à jouer un rôle de chef de file parmi les pays riches pour obtenir des résultats ambitieux et concrets. Selon elle, «L'Europe doit apporter aux préparatifs du sommet le même soin et le même élan qu'elle a donnés aux préparatifs de Kyoto » qui, l'on s'en souvient, ont permis de sauver le protocole en dépit de la défection américaine.
Au nom des Etats-Unis, Alan Larson, Undersecretary of State au State Department, qui participait aussi à la conférence, a estimé devant la presse que l'essentiel à Johannesburg était de ne pas se « fixer sur les sujets qui divisent » tels que le Protocole de Kyoto, mais de « rechercher des terrains d'entente ».
A l'adresse des Etats membres de l'Union, Margot Wallström a rappelé que « beaucoup de travail reste à faire» pour mettre en oeuvre la stratégie définie par le Sommet de Göteborg et que le Conseil européen de Barcelone représente une étape décisive vers le Sommet de Johannesburg. Des chefs d'Etat et de gouvernement, Margot Wallström attend: a) l'approbation des 39 actions proposées par la Commission en tant que contribution de l'Union au partenariat global pour le développement durable dans sa communication récente à ce sujet (voir EUROPE du 14 février, p.5) ; b) un niveau d'engagement en faveur du développement durable analogue à celui affiché pour la lutte contre le réchauffement planétaire ; c) un signal clair des chefs d'Etat et de gouvernement concernant les progrès qu'ils attendent des agendas de Doha (NdlR: agenda pour le développement) et de Monterrey (conférence de l'ONU sur le financement du développement en mars prochain) avant Johannesburg ; d) l'engagement de l'Union à obtenir des résultats concrets à Johannesburg ; e) un engagement politique fort des leaders européens à revenir sur ces questions à chaque Conseil européen jusqu'à la présidence grecque en 2003 pour évaluer les progrès réalisés dans la stratégie externe de développement durable de l'Union et les actions qui auront été décidées à Johannesburg.
La décision de l'Union de ratifier le Protocole de Kyoto, et les orientations pour l'approfondissement de la stratégie communautaire de développement durable aux plans interne et externe, attendues du Conseil Environnement du 4 mars, seront la contribution des ministres de l'Environnement au Conseil européen de Barcelone, dans la perspective du Sommet de Johannesburg. Les ministres de l'Environnement des pays candidats à l'adhésion à l'Union, conviés au déjeuner du Conseil, participeront aux travaux sur ces questions essentielles de l'agenda global.