Bruxelles, 19/02/2002 (Agence Europe) - Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du Conseil Affaires générales de lundi, son président, le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Piqué, a qualifié d'historique l'accord intervenu sur les modalités de déploiement de la force de police de l'Union européenne qui prendra à partir du 1er janvier 2003 la relève de la force de l'ONU en Bosnie-Herzégovine (voir EUROPE d'hier, p.4). A noter que s'il s'agit bien de la première décision de ce genre, le déploiement effectif pourrait néanmoins intervenir après celui d'une force militaire de gestion des crises qui pourrait encore prendre la succession de l'opération « Amber Fox » de l'OTAN en Macédoine avant la fin de cette année (l'OTAN vient de décider de prolonger « Amber Fox » jusqu'au 26 juin: NDLR). M. Piqué a souligné que la mission en Bosnie-Herzégovine vise à soutenir la formation de la police au respect des minorités et des règles de l'Etat de droit, ainsi qu'à la lutte contre la criminalité. Il s'agit d'une mission de Conseil et de surveillance, a-t-il dit en rappelant que le mandat couvre une période de trois ans, renouvelable. Il a précisé que la mission regroupera 466 fonctionnaires de police de l'UE, 67 experts et 289 personnes recrutées sur place. Le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, a indiqué qu'une équipe sera chargée d'assurer une transition en douceur entre l'ONU et l'UE. Le Conseil a demandé à ses organes compétents d'élaborer pour sa réunion du 11 mars les instruments légaux nécessaires au déploiement de la force de police.
Le Conseil a apporté son soutien aux efforts de M. Solana pour faciliter le dialogue entre la Serbie et le Monténégro en vue de parvenir à des « arrangements constitutionnels » permettant le maintien des deux entités au sein d'un même ensemble étatique. Le Conseil a plus particulièrement demandé au président Djukanovic d'apporter une réponse positive aux démarches de M. Solana. Ce dernier a fait état de petits progrès à l'issue d'une longue discussion dimanche avec le président monténégrin, avec qui il est parvenu à un « non-paper sur la manière de progresser ». De nouveaux contacts sont prévus dans la semaine.
Le Conseil a aussi examiné le rapport de la Cour des comptes sur les états financiers de l'Agence européenne pour la reconstruction et la mise en oeuvre de l'aide en faveur du Kosovo pour l'exercice 2000. Il se félicite que « l'Agence ait fait preuve d'un haut niveau d'efficacité » et souligne que l'extension du mandat de l'agence à la Yougoslavie et à la Macédoine « montre le rôle important qu'elle joue pour la reconstruction de la région ». Il souligne aussi que sa mission va conduire l'agence à gérer, après cette première étape d'aide d'urgence, une assistance à la création de capacités au Kosovo, et que les règles normales de gestion vont dès lors s'appliquer. Le Conseil a souscrit aux recommandations de la Cour et invité la Commission à lui faire rapport avant la fin de l'année sur les suites qui y auront été données.