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Bulletin Quotidien Europe N° 8154
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/zimbabwe

La décision de sanctions immédiates, bien que regrettable, était incontournable, estiment la Présidence du Conseil et la Commission

Bruxelles, 19/02/2002 (Agence Europe) - La décision de l'Union d'infliger aux autorités du Zimbabwe des sanctions immédiates et de rappeler ses observateurs dépêchés à Harare pour les élections présidentielles des 9 et 10 mars (voir EUROPE d'hier, p.4) a été annoncée, lundi soir à la presse, avec fermeté et regret. A l'issue du Conseil Affaires générales Josep Piqué a souligné que cette décision avait été prise à l'unanimité et qu'elle était "claire, sans ambiguïté et cohérente" avec ce que le Conseil avait précédemment annoncé: l'application de sanctions ciblées sur le gouvernement, sans toucher les populations, si les conditions d'un scrutin libre transparent et équitable n'étaient pas réunies.

Le Commissaire Chris Patten a précisé que le Conseil et la Commission avaient longuement réfléchi à la possibilité de maintenir la présence d'observateurs des Etats membres, sur une base bilatérale, pour finalement y renoncer. "Nous sommes convaincus que la présence d'observateurs internationaux inciterait la population à se rendre aux urnes, c'est pourquoi nous soutenons financièrement le déploiement d'observateurs par la SADC. Mais compte tenu des restrictions imposées par le gouvernement Mugabe et du traitement plus que cavalier réservé au chef de la mission d'observation de l'Union, Pierre Schori, rester aurait été jouer le jeu de Mugabe" a-t-il déclaré, estimant qu"'il en va de la crédibilité de l'Union, non seulement au Zimbabwe mais aussi pour toute participation à d'autres missions d'observateurs".

Outre "le climat de violence dans les rues et agglomérations urbaines, les interférences ouvertes et brutales des autorités dans le processus électoral, et la batterie de lois adoptées pour museler la presse", Pierre Schori a évoqué "les conditions unilatérales et inacceptables" imposées par le régime Mugabe aux observateurs. "Nous avons été en butte à des actions vexatoires et à un harcèlement quotidien. Les conditions n'étaient pas réunies pour le maintien d'une mission crédible. Je le constate avec beaucoup de regret", a-t-il déclaré. EUROPE rappelle que seuls les observateurs des neuf Etats membres acceptés par le Zimbabwe avaient été accrédités, soit 26 sur les 31 (5 observateurs des Pays-Bas et de la Suède, dont Pierre Schori, s'étaient vu refuser l'accréditation). Tous ont déjà quitté le Zimbabwe ou devaient le faire ce mardi.

Le sentiment de l'Union d'avoir été contrainte de mettre à exécution sa menace du 28 janvier s'exprime dans les conclusions du Conseil, lesquelles soulignent que les principes contenus à l'article 9 de l'Accord de Cotonou liant l'Union aux 77 pays ACP (respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'Etat de droit) "n'ont pas été respectés en dépit de tous les efforts déployés par l'Union européenne" pour engager un dialogue politique avec le régime Mugabe (au titre de l'article 8), puis des consultations au titre de l'article 96. Les sanctions économiques infligées aux 20 personnes membres du gouvernement Mugabe pourraient être suivies d'autres sanctions au titre de l'accord de Cotonou si la situation continue de se détériorer.

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