Bruxelles, 05/12/2001 (Agence Europe) - Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell assistera très probablement mercredi à la signature entre Europol et les Etats-Unis d'un accord de coopération sur les échanges d'informations stratégiques et techniques et devrait à cette occasion avoir pour la première fois une brève rencontre avec les ministres de la Justice et des Affaires intérieures des Quinze. Ce même jour, les Quinze devraient autoriser Europol à entamer des négociations pour un accord sur les échanges de données personnelles entre l'Office européen de police et les agences américaines.
Le premier accord de coopération entre Europol et les Etats-Unis sera signé jeudi en fin d'après-midi en marge du Conseil JAI par le directeur d'Europol, Jürgen Storbeck et l'ambassadeur des Etats-Unis Rockwell Schnabel, très probablement en présence de Colin Powell, venu à Bruxelles pour la réunion d'automne du Conseil de l'Atlantique Nord. Cet accord porte sur les échanges d'informations stratégiques (situation, tendances et méthodes de la criminalité, méthodes de lutte contre la criminalité...) et techniques (méthodes d'analyse, de formation...) concernant le trafic de drogue, trafic de substances nucléaires, réseaux d'immigration illégale, trafic d'êtres humains, terrorisme, contrefaçon de moyens de paiement et blanchiment d'argent sale. L'accord prévoit de désigner de points de contacts pour coordonner cette coopération.
Ce premier accord ne porte pas sur les échanges de données sur des individus. L'échange de données personnelles devrait faire l'objet d'un second, et plus difficile accord, que les deux parties espèrent conclure d'ici le milieu de l'année prochaine, selon les déclarations de représentants des deux parties. Un certain nombre d'Etats membres ont des réticences face à un tel accord en raison de la diversité des agences de renseignement et de police américaine, qui font craindre de ne pas savoir à qui peut être transmise une information confidentielle. Selon des officiels américains, l'échange de données personnelles doit être traité dans un accord unique entre Europol et le gouvernement américain, sans entrer dans le détail des agences. Récemment, un responsable d'Europol souhaitait le contraire (voir EUROPE du 31 octobre, p.14).
Europol a reçu un "plein paquet de données" sur les enquêtes concernant les attentats du 11 septembre menées en Allemagne, au Royaume-Uni et en Belgique, a précisé un responsable d'Europol. Ces informations sont venues le "plus tôt" du Royaume-Uni, tandis que l'Allemagne aurait fourni le plus d'informations. L'Espagne, l'Italie et la France, qui sont aussi concernées, "sont plus lentes" dans la transmission de ces données, a souligné ce responsable, en notant que "les choses sont plus faciles quand il y a une seule police dans un pays".
A propos de la coopération judiciaire entre l'Union européenne et les Etats-Unis, un responsable américain souligne qu'après les attentats du 11 septembre "nous avons dû passer des gentilles discussions théoriques à une coopération opérationnelle".