Bruxelles/Rome, 22/11/2001 (Agence Europe) - Le Directeur général de l'Office européen de lutte anti-fraude (OLAF), qui est, depuis mars 2000, le magistrat allemand Franz-Herman Brüner, "ne peut ni solliciter ni accepter des instructions d'aucun gouvernement, institution, organe ou organisme", y compris dans les procédures de sélection et de désignation de ses fonctionnaires. C'est ce que rappelle un communiqué de l'OLAF suite au veto opposé par le gouvernement Berlusconi à l'entrée en fonction de trois magistrats italiens au sein de l'Office. Plus précisément, Silvio Berlusconi a écrit au Conseil supérieur de la magistrature italien pour demander de "ne pas autoriser" la prise de fonction de Mauro Vaudano, et de "révoquer" celle de Nicola Piacente et Alberto Perduca, qui avaient, tous les trois, gagné des concours pour la nomination à ces postes. Le motif invoqué par Rome: une correspondance entre la Commission européenne et le ministère de la Justice italien (du gouvernement précédent) selon laquelle, il y aurait eu tentative de favoriser ces candidats, en évitant en outre de donner au concours la publicité requise.
La Commission européenne a "catégoriquement démenti" toute interférence dans cette affaire, et l'OLAF, dans un communiqué de presse, souligne que les règles ont été respectées pour la nomination d'Alberto Perduca comme Directeur des enquêtes et des opérations et celles des deux autres magistrats comme "agents temporaires". La publicité de ce concours, précise l'OLAF, a été assurée non seulement par les canaux officiels classiques, mais aussi par notre site internet qui peut être encore consulté (à l'adresse http: //europa.eu.int/comm/anti_fraud/press_releases/200/02_200_fr.htm, précise le communiqué de l'Office). En faisant référence à un article du quotidien romain Il Messaggero intitulé "Trois juges vers Bruxelles grâce à un concours fantôme", l'OLAF ajoute: "Au-delà du souhait qu'un Etat ou une institution communautaire pourrait avoir à ce qu'un poste déterminé soit occupé par une personne déterminée (l'article se réfère au soutien du Dr Perduca de la part du gouvernement italien et du président de la Commission européenne, Romano Prodi), aucune influence n'a été exercée par ces derniers à l'égard du Directeur général de l'OLAF".Quant à Piero Fassino, ancien ministre de la Justice, il a indiqué que le gouvernement italien de l'époque s'était "simplement battu au niveau européen afin que les magistrats italiens ne soient pas discriminés". Enfin, Franz-Herman Brüner souhaite que l'OLAF puisse "compter le plus rapidement possible sur MM. Perduca et Vaudano, et continuer à bénéficier des services de M. Piacente (venu à l'OLAF du Tribunal pénal international pour les crimes commis en ex-Yougoslavie)" et rappelle que M. Perduca avait été lui aussi en poste au Tribunal de La Haye, et qu'il a aussi travaillé, pendant trois ans, aux services anti-fraude de la Commission européenne.