Bruxelles, 20/11/2001 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales a adopté lundi à Bruxelles des conclusions sur l'Afrique qui portent sur:
la régions des Grands lacs: le Conseil a évoqué la mission de la Troïka dans la région (voir EUROPE d'hier, p. 9). La Troïka devra examiner dans les capitales visitées les progrès accomplis et essayer de tirer parti de la dynamique de sortie de crise. Cette visite permettra aussi de sonder les Etats de la région sur l'opportunité de mettre en chantier une conférence des Grands lacs sous l'égide des Nations unies et de l'Union européenne. Le Conseil examinera ultérieurement la mise à jour des positions communes sur les processus de Lusaka et d'Arusha, à la lumière des enseignements de cette mission de la Troïka.
la République démocratique du Congo: le Conseil a confirmé son soutien au processus de Lusaka et à la tenue du dialogue congolais. Il insiste pour le retrait des forces armées étrangères encore présentes sur le sol de la RDC. La démilitarisation de Kisangani et l'amélioration de la libre circulation des personnes et des marchandises en RDC constituent également des priorités soulignées par le Conseil qui rappelle l'importance du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration des combattants et encourage la coordination entre la MONUC, la Banque mondiale et les agences concernées des Nations unies. Il accueille favorablement la tenue, à Bruxelles le 21 décembre, d'une réunion pour la constitution du Fonds destiné à financer ces actions. La Belgique et la France souhaitaient aussi mentionner la signature prochaine du programme indicatif national pour la RDC mais le Commissaire Poul Nielson et plusieurs délégations (Royaume-Uni, Pays-Bas, notamment) n'y étaient pas favorables.
le Burundi: le Conseil, qui reprend les grandes lignes de la récente déclaration de l'UE (voir EUROPE du 14 novembre, p. 5), se félicite de la mise en place du gouvernement de transition. « Fort de la conviction que le processus de paix peut et doit aboutir », le Conseil a adopté une action commune et a mobilisé un montant de 9,5 millions d'euros en appui au déploiement de l'unité spéciale de protection, constituée à titre provisoire par un bataillon sud-africain. Il lance aussi un appel à la communauté internationale pour contribuer au financement de cette unité. Le Conseil salue aussi l'intention de la Commission de poursuivre son action de soutien vers d'autres composantes essentielles du processus de paix et salue la signature par la Commission du programme indicatif national (EUROPE du 17/11, p. 8). Il veillera à une participation active de l'Union à la prochaine réunion de suivi de la Conférence de Paris sur le Burundi.
Rwanda - Ouganda: le Conseil se félicite de l'accord intervenu par l'entremise des bons offices du Royaume-Uni entre les présidents Museveni et Kagame qui vise à réduire les sources de tensions entre les deux pays. Il a par ailleurs mis à jour sa position commune de septembre 2000 sur le Rwanda.
Erythrée: le Conseil a marqué sa vive préoccupation face aux violations persistantes des droits de l'opposition, aux entraves à la liberté de la presse et à l'absence d'informations relatives aux personnalités détenues. Il regrette que le problème de l'expulsion de l'ambassadeur d'Italie à Asmara, Représentant de l'UE, n'ait trouvé aucune solution à ce jour. Il regrette que les chefs de mission de l'UE n'aient pas encore été reçus par le chef de l'Etat érythréen, Isaias Afworki. Ayant noté l'intention des autorités érythréennes de maintenir le dialogue avec l'UE, le Conseil considère qu'un tel dialogue doit avoir lieu au plus vite, en conformité avec les principes de partenariat de l'Accord de Cotonou et qu'il devra traiter notamment des graves préoccupations susmentionnées de l'UE et du respect d'un calendrier permettant l'organisation d'élections libres et équitables. Le Conseil a chargé ses instances compétentes d'examiner les implications concrètes que la prolongation de la situation actuelle en Erythrée pourrait avoir en termes d'aide.
Commentant cette partie du Conseil Affaires générales, le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, a précisé que la Troïka de l'UE (qui, entre-temps, avec le Commissaire Patten, a quitté Bruxelles mardi matin pour Kinshasa) se rendra aussi à Gbadolite et Goma pour « voir les leaders rebelles » et pourrait aussi se rendre à Kamina où se trouve un camp de l'Interamwe. « En dépit de l'échec d'Addis (référence à la récente conférence du processus de Lusaka qui s'est tenue à Addis Abeba: NDLR), on ne doit pas reporter tout l'échec sur la RDC, ai-je dis », a-t-il indiqué, en soulignant ainsi que cela n'avait pas été le cas de tous les membres du Conseil. Constatant que la signature du programme indicatif national de la RDC avait été reportée, M. Michel a estimé que cette décision devra être revue après la visite de la Troïka. Enfin, il a aussi souligné que la situation dans la région des Grands lacs ne sera pas le seul sujet abordé au Zimbabwe où « nous parlerons aussi de l'article 96 » de l'Accord de Cotonou concernant les consultations que le Conseil a décidé d'ouvrir le 29 octobre dernier en vue de suspendre l'Accord de partenariat avec ce pays.