Beyrouth, 20/11/2001 (Agence Europe) - Le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, et le Premier ministre libanais Rafic Hariri, ont annoncé, lors de la visite de la Troïka européenne lundi à Beyrouth, que l'accord d'association euro-méditerranéen entre l'UE et le Liban pourrait être paraphé dans les deux semaines (vraisemblablement le 30 novembre, selon des sources communautaires). Visiblement soucieux de donner une impulsion politique à la conclusion des négociations ouvertes en 1995, M. Hariri a indiqué à la Troïka que le Liban pourrait accepter les propositions de compromis sur les points encore en suspens présentées lundi par les négociateurs européens.
Ces dernières difficultés portaient sur la clause de réadmission des immigrés illégaux et la classification des produits agricoles. Selon une source communautaire, le problème agricole était issu d'un malentendu entre les négociateurs libanais et européens, les premiers classant les produits agricoles transformés comme la confiture ou les jus de fruits dans les "produits industriels", et les seconds dans la catégorie des produits "agricoles". Un texte proposé par l'UE lundi soir aurait permis de trouver une base de compromis acceptable pour la partie libanaise. L'accord d'association prévoit un démantèlement tarifaire sur cinq ans pour les importations de produits libanais en Europe, assortie de quotas sur certains produits comme le vin ou les pommes de terre par exemple, et un démantèlement sur cinq ans pour les importations de produits agricoles européens au Liban et sur douze ans pour les produits industriels à partir de la 6ème année de l'entrée en vigueur de l'accord.
M. Hariri aurait souligné devant la Troïka l'importance de l'accord d'association pour la politique intérieure et extérieure du Liban, indique une source européenne, en soulignant que le gouvernement libanais a besoin de l'aide européenne pour faire avancer son programme de réforme dans un contexte économique extrêmement difficile. Selon la même source, le geste du Premier ministre libanais démontrerait que les autorités syriennes auraient lâché du leste, pour permettre au Liban de conclure cet accord dont les négociations ont été longtemps liées à celles de l'accord d'association entre la Syrie et l'UE.