Bruxelles, 17/10/2001 (Agence Europe) - La Commission a décidé mercredi d'interdire le projet d'acquisition de Lenzing AG, un producteur autrichien de fibres artificielles, par CVC Capital Partners Group Ltd (CVC). CVC contrôle déjà Acordis, le principal rival de Lenzing en Europe et son unique rival aux Etats-Unis.
La concentration aurait entraîné des problèmes de concurrence très graves dans le secteur de la production de fibres discontinues de viscose, où Lenzing est le numéro un dans l'Espace économique européen (EEE), ainsi que sur les marchés de la production et des techniques de production des fibres discontinues de lyocell, où l'opération aurait entraîné la création d'un monopole, Acordis et Lenzing étant les seuls producteurs mondiaux de ce type de fibres. Plus précisément, l'examen de la Commission a révélé que la concentration aurait permis aux parties d'atteindre des parts de marché cumulées très élevées sur les trois marchés de la viscose (plus de 55 % pour la viscose de qualité courante et plus de 85 % pour la viscose colorée dans la masse et la viscose pour tampons) et qu'elle aurait entraîné la création d'un monopole mondial sur les marchés de la production du lyocell et des techniques de production et de transformation du lyocell. L'opération aurait éliminé le plus important concurrent d'Acordis sur le marché de la viscose dans l'EEE et n'aurait laissé en place que trois concurrents plus petits et moins performants: la société espagnole Sniace, la société suédoise Svenska Rayon et la société finlandaise Säteri. L'enquête a révélé en outre qu'il y avait des barrières importantes à l'entrée sur les marchés de la viscose, où la production nécessite des capitaux très importants, et qu'il semblait peu probable que les importations provenant de pays extérieurs à l'EEE augmentent de façon sensible. La nouvelle entité aurait donc été en mesure d'agir de façon indépendante et ses concurrents se seraient vraisemblablement comportés comme des "suiveurs", c'est-à-dire qu'ils se seraient alignés sur les augmentations de prix plutôt que de les contester.
La Commission a mené son examen de la concentration en étroite coopération avec la Federal Trade Commission (FTC) américaine. Dans un communiqué, elle estime que "cette affaire constitue (...) un exemple de coopération et d'entente mutuelle entre les autorités de la concurrence américaine et européenne".