Strasbourg, 02/10/2001 (Agence Europe) - Le conservateur britannique James Provan, président de la délégation du Parlement européen au comité de conciliation sur la directive concernant le blanchiment d'argent, a annoncé mardi après-midi à la presse, après une réunion du comité à Strasbourg, qu'il venait d'envoyer au Conseil une lettre, qu'il a signée devant les journalistes, dans laquelle le Parlement acceptait, avec « quelques légers amendements », le texte que ce dernier lui avait remis sur l'aspect controversé de la proposition de directive, celui concernant le rôle des « avocats » (la proposition du Conseil pour un nouveau considérant 16 se réfère aux professions fournissant des conseils juridiques, y compris les avocats). Le rapporteur du Parlement sur la proposition de directive, l'élu de la CDU, Klaus-Heiner Lehne, a précisé à la presse que le Parlement demandait en particulier de retirer de ce texte un bout de phrase, selon lequel la directive n'impose pas d'obligation de confidentialité dès le moment où l'avocat « a des raisons de croire » que son client recherche ses conseils pour des activités de blanchiment d'argent. Le Parlement voudrait que le texte précise simplement que cette obligation tombe lorsque l'avocat « sait » que telles sont les motivations de son client ou bien, a dit M.Lehne à la presse, que la phrase qu'il souhaite effacer soit remplacée par une formulation juridiquement plus exacte, comme celle de « soupçon grave ». M.Lehne a espéré que le Conseil acceptera le compromis du Parlement, afin que la conciliation puisse être close à la mi-octobre et que la deuxième plénière d'octobre (du 22 au 25 octobre) puisse en approuver le résultat. A un journaliste qui estimait que le Parlement donnait l'impression de travailler pour le lobby des avocats, M.Lehne, lui-même avocat, a répliqué: ce que nous défendons, ce sont les intérêts des citoyens. La Charte des droits fondamentaux affirme le droit de chacun à bénéficier de conseils juridiques, et le Parlement veut éviter que des citoyens ordinaires qui ont fait peut-être de l'évasion fiscale pour s'acheter une maison à Majorque soient dénoncés par leurs conseils juridiques comme blanchisseurs d'argent… EUROPE reviendra sur cette affaire.