Bruxelles, 02/10/2001 (Agence Europe) - Alors que la plupart des économistes s'attendaient, mardi soir, à une nouvelle contraction d'un demi-point du principal taux directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed), il ne faut guère s'attendre à une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE). Telle est la conclusion qui s'impose à la lecture d'une interview d'Otmar Issing, premier économiste de la BCE, publiée mardi par le Handelsblatt.
Selon M. Issing, la récente baisse d'un demi-point des taux de la BCE ne résulte pas d'une modification stratégique de sa politique monétaire. Elle visait uniquement à relancer la confiance après les attentats du 11 septembre. "Nous avons réagi à une situation exceptionnelle par une réponse exceptionnelle", précise-t-il dans les colonnes du quotidien économique allemand. En effet, bien que la tendance de l'économie mondiale soit à la baisse, cela ne signifie pas que celle de la zone euro entrera en récession, estime-t-il. M. Issing admet que les attentats contre les Etats-Unis pourraient affecter les exportations, mais il considère que cet effet sera limité, reconnaissant néanmoins que l'attitude des consommateurs et des marchés boursiers est imprévisible. Et de fustiger les appels lancés par certains responsables des milieux d'affaires et des milieux politiques en faveur de l'adoption de mesures d'urgence de soutien à l'économie. "En réclamant de telles mesures, ils renforcent l'impression que nous traversons une crise", déplore-t-il. Pour lui, la contribution la plus importante que la politique monétaire puisse apporter à la stabilité économique est de faire baisser l'inflation afin d'accroître le pouvoir d'achat.
Par ailleurs, lundi, le Conseil des gouverneurs de la BCE a exprimé son soutien aux mesures prises pour renforcer la lutte contre l'utilisation du système financier à des fins de financement d'activités terroristes. Le Conseil estime que "le système financier ne doit en aucun cas profiter à des personnes ou à des organisations liées à des activités terroristes, car il importe de pleinement conserver la confiance du grand public dans l'intégrité de ce système" et que, eu égard à la mondialisation, les mesures de lutte contre l'utilisation dévoyée du système financier "doivent s'appliquer de manière aussi large et uniforme que possible". "L'Eurosystème s'engage à faire tout ce qui est en son pouvoir en vue de l'adoption, de la mise en oeuvre et de l'exécution de mesures visant à prévenir l'utilisation du système financier à des fins d'activités terroristes", indique un communiqué de la BCE.