Bruxelles, 28/09/2001 (Agence Europe) - Alors que les ministres de la Justice se mettaient d'accord jeudi sur les grandes lignes de la création de l'unité de coopération judiciaire Eurojust (voir EUROPE d'hier p.11), les quinze membres de l'unité provisoire d'Eurojust se réunissaient au même moment, et au même endroit. Michèle Coninx, procureur belge et présidente en exercice de Pro-Eurojust, a présenté le bilan de cette unité qui fonctionne depuis le 1er mars et qui, selon la ministre française de la Justice, Marylise Lebranchu, a "largement prédéterminé" l'Eurojust définitif. Les quinze magistrats (treize procureurs, un juge autrichien et un officier de police finlandais) de pro-Eurojust, chargés de faciliter la coopération judiciaire, se sont penchés sur 130 affaires qui concernaient au moins deux Etats membres, dont 18 cas de terrorisme et autant de blanchiment d'argent, 16 trafics de drogue, 14 fraudes, 9 meurtres, 8 cas de corruption et autant de vol, des affaires de trafic de véhicules, fraude fiscale, trafic d'armes, pédopornographie, banqueroute...
Ces magistrats, qui se réunissent trois fois par semaine à Bruxelles, travaillent à faciliter la coopération judiciaire, mais accomplissent aussi un travail de "marketing" pour faire connaître leur existence aux juges de chaque Etat membre, explique sa présidente pour qui "l'essentiel est d'établir la confiance". "Notre rôle est de mettre de l'huile dans les rouages, mais pas d'obliger" une autorité à coopérer, explique-t-elle quand on l'interroge sur le fait qu'une autorité judiciaire peut refuser d'apporter son aide à Pro-Eurojust, comme à l'Eurojust définitif. Pour des raisons de "confidentialité", aucun détail n'a été donné ni sur les affaires traitées, ni sur le degré de coopération de tel ou tel Etat membre. Comme demandé par le Conseil JAI spécial de la semaine dernière, pro-Eurojust a entrepris des démarches pour organiser une rencontre des juges antiterroristes européens et pour rencontrer les autorités américaines.
Les membres de Pro-Eurojust conseillent aussi les experts qui travaillent à la création d'Eurojust. Alors que les discussions sur son siège ne sont pas officiellement lancées (mais on parle de Bruxelles, La Haye ou Luxembourg), sa présidente estime que la meilleure solution "d'un point de vue pratique" est Bruxelles, qui "offre une série d'avantages pour les magistrats et les policiers qui font appel à nous", même "s'il existe d'autres options".