Bruxelles, 07/09/2001 (Agence Europe) - Une conférence des donateurs pour la Macédoine devrait être organisée à Bruxelles le 10 octobre et l'aide promise par l'UE devrait arriver le plus vite possible, sous condition que le processus de réforme et le cessez-le-feu se poursuivent. Javier Solana et Chris Patten ont annoncé cette conférence au cours de leur visite de jeudi et vendredi à Skopje. Le vote de principe du Parlement macédonien sur la réforme de la Constitution, l'aide de l'Union européenne, et la poursuite de la présence internationale après la fin de la mission "Moisson essentielle" de l'OTAN ont été les principaux sujets de cette visite, destinée à réaffirmer le soutien de l'UE, et feront l'objet d'une synthèse qui sera faite samedi midi à Genval pour les ministres des Affaires étrangères réunis en Conseil informel.
A Skopje, le Haut Représentant de l'UE pour la PESC s'est "félicité du pas historique accompli jeudi par le Parlement macédonien". Ce vote, a-t-il dit, "rapproche le peuple de Macédoine d'une paix durable et de la stabilité". Les partis doivent désormais "avancer rapidement pour appliquer les autres éléments de l'accord cadre signé le 13 août", a-t-il ajouté. " Si le vote sur le principe est acquis, il reste le vote sur les textes eux-mêmes. Les échéances doivent être respectées, et il ne faut pas que l'on commence à tenter de modifier les textes", souligne la porte-parole de M. Solana de retour de Skopje. Le Parlement macédonien a voté jeudi à une très large majorité (91 voix pour, 19 contre et 2 abstentions) le principe de la révision constitutionnelle. Comme prévu, cette étape franchie, l'OTAN a repris vendredi matin la collecte des armes.
Javier Solana devrait aussi faire part aux ministres des Affaires étrangères des attentes des différents partis de Macédoine quant à la poursuite des efforts internationaux après la mission de collecte des armes de l'OTAN, qui doit s'achever à la fin du mois. Il semble que les Macédoniens souhaiteraient que l'OTAN soit remplacée par l'ONU, alors que la guérilla albanaise préférerait que l'Alliance prolonge son mandat. Du côté de l'UE, on n'affiche pas encore de préférence, et les discussions sont en cours sur les observateurs comme sur leur protection, mais le refus de la proposition de l'émissaire européen François Léotard d'une force européenne semble assez clair. "La proposition d'une force européenne de 1500 hommes est une suggestion de M.Léotard et pas une idée de l'Union européenne", soulignent des diplomates, pour qui cette idée "est un peu en avance sur les réalités de l'Union européenne, et particulièrement les réalités institutionnelles". La force européenne d'intervention rapide de 60.000 hommes de l'UE devrait être opérationnelle en 2003, mais l'Europe devrait être prête d'ici la fin de l'année pour des missions de gestion des crises au cas par cas, avaient indiqué les ministres de la Défense dès le mois de mai. "La discussion à Genval se concentrera d'abord sur le rôle de coordination générale de l'Union européenne, sur la description des tâches et l'évaluation des besoins qui apparaîtront après la Mission récolte essentielle", précisent ces mêmes diplomates.