Bruxelles, 07/09/2001 (Agence Europe) - Le Groupe de Cairns, coalition de 18 pays représentant un tiers des exportations agricoles mondiales, a demandé mercredi à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de mettre fin aux discriminations agricoles au sein de l'OMC et de lancer une réforme visant à supprimer les subventions aux exportations agricoles. Dans une déclaration adoptée à l'issue de sa treizième réunion ministérielle, à Punta del Este (en Uruguay), le Groupe de Cairns a estimé que la prochaine conférence de l'OMC à Doha (Qatar), du 9 au 13 novembre, devait s'engager à « mettre fin à la discrimination contre l'agriculture et à l'intégrer pleinement dans les règles de l'OMC ». Il a exigé aussi « un engagement clair pour parvenir à une réforme fondamentale du commerce agricole grâce à l'élimination de toutes les formes de subventions aux exportations, une amélioration substantielle de l'accès au marché et une réduction de l'aide interne, y compris l'élimination de toutes les formes d'aide sources de distorsions au commerce et à la production ». Estimant que « le processus de réforme doit s'achever le plus rapidement possible », les ministres de l'Agriculture ou du Commerce de ces pays ont souhaité qu'une « réduction substantielle » des mesures protectionnistes intervienne dans un délai d'un an après la signature d'un accord.
Au cours de leurs travaux, les ministres ont fait part de leur préoccupation concernant, d'une part, l'appui financier fourni par les pays de l'OCDE à leurs producteurs, qui atteindrait, selon eux, près d'un milliard de dollars par jour et, d'autre part, les mesures de protection accordées « tant par des barrières douanières que non douanières (mesures sanitaires et phytosanitaires) injustifiées ». La fin de ces pratiques entraînera « un accroissement substantiel du PIB global et permettra aux pays en voie de développement d'obtenir des gains significatifs », dit le texte du Groupe de Cairns, qui affirme pouvoir compter sur le soutien des Etats-Unis quant à la libéralisation du commerce agricole en vue de la conférence de Doha. Ce puissant groupe de pression est composé de neuf pays d'Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Paraguay et Uruguay), sept de la zone Asie-Pacifique (Australie, Fidji, Indonésie, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Philippines et Thaïlande), ainsi que du Canada et de l'Afrique du Sud.