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Bulletin Quotidien Europe N° 8013
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/changements climatiques

Concert d'éloges mesurés pour l'accord politique de Bonn- appel à la ratification immédiate du Protocole de Kyoto

Bruxelles, 24/07/2001 (Agence Europe) - Même si tous en reconnaissent la modestie, l'accord inespéré de Bonn sur les modalités de mise en œuvre du Protocole de Kyoto (voir EUROPE d'hier, p.8) a provoqué soulagement et éloges unanimes des partisans de la lutte contre les changements climatiques. Mais les premiers à savourer cette victoire appellent aussi à la vigilance sur ce qui reste à faire.

Pour Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen, « ce compromis est nettement en deçà de la position exprimée par le Parlement, mais il permet un déblocage de la situation ». Elle espère qu'il sera ratifié « au plus vite avant la fin de l'année (….) pour que le Protocole puisse ainsi entrer en vigueur ». Estimant que la dénonciation du Protocole par les Etats-Unis a constitué « un signal extrêmement négatif pour le reste du monde » et qu' « en maintenant une ligne dure, les Etats-Unis ont fait payer cher à la planète le prix d'une certaine forme de national égoïsme », Nicole Fontaine appelle toutes les parties à se remettre dès à présent au travail pour « dépasser le compromis de Bonn » et souhaite à cet égard que la question du mécanisme de sanctions juridiques à mettre en place pour les Etats qui ne rempliront pas leurs obligations soit inscrite à l'ordre du jour de la conférence de Marrakech en octobre prochain (COP7).

Dans un communiqué, Robin Cook, président du parti des socialistes européens, félicite les négociateurs pour leur persévérance. A ses yeux, «l'Union européenne a prouvé qu'elle est une force de progrès. Nous devons maintenant nous attacher à obtenir non seulement une réduction des effets du changement climatique mais aussi à endiguer ce phénomène. Cet accord international doit servir de porte-voix à ceux qui, aux Etats-Unis, pressent leur administration de trouver les moyens de mettre en œuvre les principes de Kyoto ».

Au nom du groupe des Verts au Parlement, Alexander de Roo a qualifié le compromis de « pas de bébé » dans la lutte contre le climat. Selon lui, « la volonté farouche de l'Union européenne et des pays du G77 (les pays en développement » de trouver un compromis a sauvé le Protocole, au prix de concessions fâcheuses ; toutefois, l'objectif le plus important est atteint: le Protocole est prêt pour la ratification ». Jugeant trop généreux le recours autorisé aux puits de carbone, il se félicite néanmoins qu'une limite ait été fixée à l'utilisation de ce mécanisme. Il déplore en revanche que le Japon, la Russie, l'Australie et le Canada aient empêché la mise en place d'un régime de contrôle du respect des objectifs suffisamment strict. Soulignant l'isolement des Etats-Unis, le député européen précise que tout ce que prônent les Américains - des mécanismes orientés vers le marché, la promotion de technologies propres et l'implication des pays en développement par le mécanisme de développement propre - se trouve dans le compromis de Bonn.

Greenpeace salue le fait que la communauté internationale ait « enfin réussi à franchir la seconde étape du combat contre le réchauffement global de la planète ». Aussi l'ONG invite-t-elle tous les pays à faire immédiatement le nécessaire pour ratifier d'urgence le Protocole. Elle exhorte en particulier le Japon à honorer le Protocole et à s'engager à le ratifier dès à présent, sans attendre les Etats-Unis. « Bien qu'ayant des difficultés majeures avec de nombreux points de l'accord », Greenpeace juge essentiel que le Protocole entre en vigueur dans les meilleurs délais, et au plus tard pour le Sommet mondial du développement durable (Johannesburg, septembre 2002).

Selon Greenpeace, c'est à l'Union européenne et aux pays en développement que revient le mérite d'avoir sauvé les négociations des tentatives destructrices du Japon, du Canada et de l'Australie qui ont néanmoins « réussi à affaiblir la plus grande partie de l'accord ». Tout en déplorant que celui-ci porte sur « une version édulcorée du Protocole conclu en 1997 », Greenpeace estime que le combat acharné de l'Opep, de l'industrie des combustibles fossiles et des Etats-Unis pour le faire échouer témoigne, si besoin en était, de la valeur de cet instrument. Et ce d'autant que "l'énergie nucléaire n'est pas dans le Protocole de Kyoto. Elle ne sera pas subventionnée dans le cadre du mécanisme de développement propre ou de la mise en œuvre conjointe" (NdlR: deux des mécanismes flexibles du Protocole permettant respectivement l'obtention, par les pays industrialisés, de crédit d'émissions en contrepartie d'investissements dans les technologies propres dans les PVD ou dans d'autres pays industrialisés). « Les tentatives de l'industrie nucléaire d'exploiter le changement climatique ont volé en éclats», se réjouit Bill Hare, directeur politique pour les questions climatiques. Greenpeace assure toutefois de sa détermination à se battre pour empêcher que les pays n'abusent des nombreuses « échappatoires mises à leur disposition », telles que le rachat de « l'air chaud » de la Russie et l'Ukraine (deux pays ayant d'ores et déjà effectué les réductions exigées d'eux pour 2008-2012, du fait de la crise économique et de la restructuration de l'ex-Union soviétique), au lieu de prendre les mesures nationales d'envergure qui s'imposent pour obtenir une réduction effective de leurs émissions.

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