Bruxelles, 24/07/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne s'apprête à présenter au Conseil et au Parlement européen une évaluation relativement positive de la situation à Macao et à Hong-Kong, après leurs rétrocessions respectives, par le Portugal et par le Royaume-Uni, à la Chine. Dans ces deux régions administratives spéciales (RAS), le principe "un pays, deux systèmes" fonctionne bien et, sur le plan commercial, l'attachement aux principes du libre marché persiste, en même temps que certaines difficultés à respecter les droits de propriété intellectuelle, indiquent en substance les deux rapports qui devraient être publiés ce mercredi.
EUROPE croit savoir que le premier rapport annuel de la Commission depuis la rétrocession de Macao à la Chine en décembre 1999, soulignera le "bon départ" pris par le gouvernement de la RAS qui a su développer en l'espace d'un an un cadre institutionnel permettant une gestion relativement efficace. Les autorités de la RAS ont également su maintenir la plupart des spécificités économiques de ce petit territoire fortement tributaire de la situation de ses voisins, dont son statut de port franc qui lui vaut une exonération de toutes les taxes imposées par Pékin, et son attachement aux principes de libre marché. L'économie reste largement dominée par le jeu et par le tourisme, un secteur dont la récente revitalisation a été l'un des facteurs clés du retour à la croissance (avec une légère reprise du PIB qui aurait progressé de 4,6% en 2000 après quatre années consécutives de recul), de même que ses performances à l'exportation, notamment de chaussures et textiles. L'UE en est le second débouché (28,4% du total des exportations de la région), après les Etats-Unis mais devant la Chine et Hong-Kong. Elle est le 3ème fournisseur de Macao, contribuant à hauteur de 9,6% de ses importations, derrière la Chine et Hong-Kong. La libéralisation des secteurs économiques avance, à pas comptés, et le régime commercial et d'investissement de Macao reste "l'un des plus ouverts au monde", selon les Européens. L'excellence des relations que le territoire entretenait avec eux avant sa rétrocession se confirme et s'est même renforcée. Les droits de propriété intellectuelle restent cependant une question "cruciale" en suspens, estime-t-on à Bruxelles.
La Commission devrait adopter un ton positif mais teinté de prudence, dans son troisième rapport annuel sur Hong-Kong, que le Royaume-Uni a rétrocédé à la Chine en 1997. Il y a bien eu un ou deux incidents au cours de l'année passée (riche en débats et controverses sur l'autonomie de la péninsule, suite à des remarques de fonctionnaires chinois, par la suite neutralisées par une déclaration du Président Jiang Zeming et la vive réaction de la RAS elle-même), mais globalement le principe "un pays, deux systèmes" tient la route, estime-t-on à Bruxelles. Les élections législatives de l'an dernier se sont bien déroulées et les mouvements de la société civile prouvent l'attachement de la population aux droits et libertés fondamentales. On se promet cependant à Bruxelles de garder à l'oeil la polémique entourant la présence de la secte de Falun Gong à Hong-Kong. La Commission devrait par ailleurs saluer les performances de Hong-Kong dont l'économie s'est déjà totalement affranchie des effets de la crise financière de 1997 et dont le taux de croissance du PIB, essentiellement alimenté par les exportations, atteignait 10,5% en 2000. L'UE est son 3ème fournisseur de marchandises après la Chine et le Japon, et son 3ème débouché, derrière la Chine et les Etats-Unis. La relation bilatérale continue généralement à se développer mais sur un point, elle achoppe, à savoir le respect des droits de propriété intellectuelle qui reste une source de mécontentement pour les Européens qui "applaudissent" néanmoins aux efforts de la RAS.