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Bulletin Quotidien Europe N° 8004
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/balkans

M. Patten fait le point et défend l'action de la Commission Prodi

Bruxelles, 11/07/2001 (Agence Europe) - L'engagement de l'Union européenne dans les Balkans est une entreprise de très longue haleine, elle doit être à la fois ferme et patiente, et se concentrer sur des actions souvent peu spectaculaires mais constructives, a déclaré mardi le Commissaire européen Chris Patten en traçant la "stratégie de l'Union européenne dans les Balkans", dans un long discours dans lequel il a défendu l'action menée par la Commission Prodi, et refusé de se prononcer sur les questions constitutionnelles (Kosovo, Monténégro...), en appelant à se concentrer d'abord sur les questions concrètes.

La stratégie de l'Union européenne, "travail lent, continu, pas très spectaculaire de construction de la stabilité pierre par pierre, jour après jour, mois après mois, année après année" dans une région où les raisons d'espérer côtoient "continuellement" celles de désespérer, "commence lentement à marcher. Mais cela prendra du temps(...) Nous devons donner à cette stratégie le temps dont elle a besoin, et faire en sorte qu'elle soit suffisamment forte et suffisamment flexible pour pouvoir faire face aux inévitables revers et renversement de situation", a déclaré le Commissaire européen aux relations extérieures, dans ce discours prononcé mardi à l'invitation de l'International Crisis Group (ICG). M. Patten a fixé un horizon d'une bonne dizaine d'années - celui de la fin de l'éducation scolaire des enfants des Balkans qui entrent maintenant à l'école primaire - pour arriver à des pays "radicalement améliorés, des démocraties européennes stables, en paix avec les autres comme en leur sein, membres de l'UE ou en bonne voie pour l'être".

La stratégie de l'UE est fondée sur le programme CARDS d'assistance à la reconstruction et à la stabilisation des Balkans (doté de 4,65 mrds d'euros sur six ans), sur l'Agence européenne pour la reconstruction et sur les Accords de stabilisation et d'association. En échange, l'Union attend de ces pays qu'ils démontrent "un engagement sans équivoque pour les valeurs politiques essentielles" de l'UE, qu'ils "travaillent dur pour réformer leur économie et en faire une économie de marché capable d'entrer en concurrence avec les Etats membres", et que leurs administrations "soient capables d'appliquer les lois européennes". Au premier rang des exigences figure aussi la collaboration avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. "Le transfert de Milosevic est un pas historique en avant. Mais ce n'est pas la fin du chemin. Tous les inculpés, où qu'ils soient, doivent être transférés à La Haye", a déclaré M. Patten. Autre exigence, la coopération interrégionale. "Il ne suffit pas que les pays de la région coopèrent avec l'UE. Nous voulons qu'ils coopèrent de plus en plus étroitement entre eux, comme ils s'y sont engagés au Sommet de Zagreb".

Le Commissaire Patten a expédié en quelques mots les questions de Constitution et de statut. La question du statut du Kosovo est importante, mais "ce n'est pas tout", a-t-il estimé en préférant s'intéresser aux "choses ennuyeuses", c'est-à-dire au travail quotidien. Il s'est aussi déclaré très hostile à l'idée de réexaminer le tracé des frontières. Il ne faudrait pas "lancer en l'air les frontières et les Constitutions en espérant qu'elles seront meilleures en retombant", a-t-il dit en répondant à des questions sur le statut du Kosovo et du Monténégro, estimant qu'ouvrir ainsi la boîte de Pandore ne serait pas très sage, d'autant que beaucoup de questions très pratiques (chauffage pour l'hiver....) restent à régler.

Pour conclure, Chris Patten a ainsi tracé un état des lieux de la situation: 1) Albanie: la Commission entend présenter un mandat de négociation pour un Accord de stabilisation et d'association (ASS) assez rapidement, si possible avant la fin de l'année. Mais il reste énormément à faire, avec "des faiblesses vraiment considérables" au regard de l'état de droit et de l'administration; 2) Bosnie-Herzégovine: la Bosnie a entrepris très peu des réformes demandées par l'UE, alors que les négociations pour un ASS ne pourraient pas commencer sans progrès importants; 3) Yougoslavie: "il y a eu d'énormes progrès politiques (...) mais le vrai travail de réforme institutionnelle et économique ne fait que commencer". Un groupe consultatif, première étape vers la négociation d'un ASS, se réunira pour la première fois le 23 juillet; 4) Croatie: le nouveau gouvernement a eu des débuts "impressionnants". L'ASS, paraphé en mai, est "le début d'un processus, pas sa conclusion"; 5) Macédoine: l'objectif premier est le rétablissement de la paix. Pour M. Patten, l'ASS signé en avril apporte un cadre qui peut aider à y contribuer. M. Patten a aussi annoncé que la Commission envisageait de proposer une aide de 50 millions d'euros, en plus des 42 millions déjà prévus pour cette année, au cas où un accord politique serait mis en œuvre.

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