Bruxelles/Brasilia, 11/07/2001 (Agence Europe) - L'Union et le Brésil se sont mis d'accord pour régler à l'amiable leur différend à propos de l'accès du café soluble au marché communautaire. Le compromis annoncé mercredi, peu avant la fin de la visite du Commissaire européen Pascal Lamy au Brésil, prévoit l'ouverture d'un contingent tarifaire à droits nuls, essentiellement au profit de ce pays qui devrait ainsi retrouver des conditions de concurrence égales à celles dont bénéficient les autres fournisseurs de l'UE.
"Le fait que Celso Lafer et moi sommes parvenus à un accord sur le café soluble reflète le climat positif qui existe entre l'UE et le Brésil. Nous envisageons avec plaisir d'oeuvrer ensemble en vue du lancement d'un nouveau cycle au Qatar et de faire des négociations UE/Mercosur un succès", a commenté le Commissaire Lamy, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue brésilien.
En octobre dernier, le Brésil, second producteur de café soluble au monde après l'Union, avait saisi l'Organisation mondiale du commerce d'une plainte dans laquelle il dénonçait l'éviction de ses exportations du système communautaire des préférences généralisées, en rapport avec les tarifs préférentiels accordés à des pays producteurs de drogues pour encourager les cultures alternatives. "Le Brésil était en fin de compte le seul fournisseur majeur de l'UE à payer un droit de 9% au lieu des 0 à 3,15% imposés aux autres", d'où "une érosion de sa part de marché dans l'UE", admet aujourd'hui la Commission dans un communiqué diffusé par le service du porte-parole. Dans le cadre des consultations qui se sont poursuivies sous les auspices de l'OMC depuis l'ouverture de la procédure de règlement des différends, l'UE avait initialement proposé un quota de 9.000 tonnes pour les importations en provenance du Brésil qui en réclamait 15.000. Cette offre a ensuite été revue à la hausse (9.500 tonnes progressivement majorées jusqu'à 13.500 tonnes en trois temps) mais en vain. L'assentiment de Brasilia a finalement été obtenu, moyennant la promesse d'ouvrir un contingent tarifaire à droits nuls pour les importations de café soluble quelle qu'en soit l'origine, à hauteur de 10.000 tonnes la première année, 12.000 la seconde et 14.000 la troisième, avec un réexamen programmé pour la suite. "En vertu de ses performances à l'exportation passées, le Brésil sera le principale bénéficiaire de ce quota", a précisé le porte-parole. Sa création implique toutefois un délai de quelques mois, le temps de modifier la législation commerciale de l'Union. Les autres régimes préférentiels ne seront pas affectés quant à eux par le nouveau quota.