Bruxelles, 02/07/2001 (Agence Europe) - La Commission n'a pas de commentaire à faire sur l'offre publique d'achat (OPA) lancée par EDF et Fiat sur Montedison ce lundi 2 juillet car celle-ci ne lui a pas encore été notifiée, a indiqué le même jour Amelia Torres, porte-parole du Commissaire Monti. Le groupe français vient de s'allier, en effet, au premier groupe industriel italien Fiat afin de lancer ensemble une offre sur le groupe énergétique Montedison contrôlé jusqu'ici par la banque d'affaires Mediobanca. Selon l'agence Belga, l'affaire semble déjà bouclée puisque Italenergia, la société véhicule choisie par les partenaires pour mener à bien l'OPA, posséderait déjà une « part supérieure à 48% » dans le capital de la holding et ce grâce à l'appui de plusieurs grands actionnaires, notamment EDF. Celui-ci, actionnaire à hauteur de 20% dans Montedison, apporte 10% en échange de 100% des titres de Fenice, filiale de services énergétiques détenue jusqu'à présent par Fiat. L'entrepreneur franco-polonais Romain Zaleski apportera, lui, environ 10% de sa part dans le groupe énergétique, les trois banques commerciales Banca di Roma, Sanpaolo IMI et IntesaBci apportant de leur côté leur part globale d'environ 13%. Fiat et EDF devraient, en outre, pouvoir compter sur l'adhésion de plusieurs actionnaires de Montedison qui participeront à l'offre en apportant leur part dont le montant global se situe entre 10% à 15%. Dans son communiqué, EDF indique que cette opération « confirme sa volonté de contribuer de manière significative à un projet industriel qui permettra de favoriser le développement du marché énergétique italien », (…) « cette participation s'inscrit dans la stratégie développée depuis plusieurs années par l'énergéticien français pour se renforcer en Europe autour d'un réseau de partenaires forts et reconnus ».
La prédominance de Fiat dans l'opération et le rôle relativement mineur de EDF (avec 40% d'Italenergia pour Fiat contre 18% pour EDF) devraient apaiser les craintes italiennes de voir le marché national de l'électricité dominé par le groupe français. Rappelons que l'Italie avait réagi promptement, fin mai, à l'offensive d'EDF dans le capital de Montedison en adoptant un décret-loi limitant à 2% les droits de vote des monopoles étrangers dans les assemblées des entreprises italiennes du secteur de l'énergie, décret-loi actuellement examiné par la Commission qui craint son incompatibilité avec les règles européennes en matière de libre circulation et de droit d'établissement (voir EUROPE des 28 & 29 mai, p.9). L'«affaire Montedison» avait, d'autre part, montré l'urgence de résoudre les problèmes découlant de la libéralisation asymétrique des marchés de l'électricité dans l'UE, problèmes déjà soulevés par l'entrée de l'allemand EnBW dans le capital du groupe espagnol Hidrocantábrico. La Commission a recommandé, depuis, une accélération de ce processus, dans lequel la France et l'Allemagne traînent des pieds (voir EUROPE du 21 juin, p.8).