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Bulletin Quotidien Europe N° 7984
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/etats-unis

Le Sommet de Göteborg identifie plusieurs « priorités immédiates », y compris les défis en matière de sécurité - L'UE et les Etats-Unis reconnaissent leur désaccord sur le protocole de kyoto et sa ratification

Göteborg, 14/06/2001 (Agence Europe) - Le premier Sommet de l'Union européenne avec l'Administration Bush, le 14 juin à Göteborg, a abouti à l'adoption d'une déclaration commune de quatre pages (que nous reproduirons intégralement) qui réaffirme en particulier « le partenariat historique » entre l'Union et les Etats-Unis et dans laquelle ces derniers saluent les efforts de l'UE visant à développer une capacité de gestion des crises, en pleine coordination et transparence avec l'OTAN. La déclaration a été adoptée après une brève plénière en fin de matinée suivie d'un déjeuner de travail (du côté de l'Union, au niveau de la Troïka) ; dans la soirée, le président Bush devait dîner avec tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, ce qui est une nouveauté (particulièrement souhaitée par Tony Blair: NDLR). La déclaration, qui ne fait pas allusion à l'intention de restructurer le dialogue transatlantique afin de le rendre plus efficace (et de limiter le nombre de Sommets - un souhait, là, des Américains - à un par an plutôt que deux), identifie comme priorités immédiates sur lesquelles on attend des « progrès tangibles » avant le prochain Sommet: - les défis posés par la sécurité (y compris la non-prolifération et la lutte contre le terrorisme) ; - la promotion de la croissance et du système commercial multilatéral; - la lutte contre la criminalité ; - la protection de l'environnement, y compris « des moyens efficaces de s'attaquer aux changements climatiques » (mais la déclaration précise que "nous ne sommes pas d'accord sur le Protocole de Kyoto et sa ratification, mais nous sommes déterminés à travailler ensemble dans tous les fora pertinents" et à participer de manière constructive à la COP 6 à Bonn) ; - la lutte contre la pauvreté dans les pays en voie de développement, y compris contre le sida, la malaria et la tuberculose.

Dans sa partie politique, la déclaration insiste en particulier sur: - une coopération étroite UE/Etats-Unis pour la paix au Moyen-Orient; - la coopération pour la stabilité en Europe du Sud-Est (nous poursuivrons nos efforts pour promouvoir une solution dans l'ancienne République yougoslave de Macédoine, souligne notamment la déclaration) ; - le soutien à la politique de paix et de réconciliation du président sud-coréen (en particulier, l'UE salue la décision américaine d'engager de sérieuses discussions avec la Corée du Nord sur un vaste agenda); - la poursuite d'un dialogue constructif et, si nécessaire, « franc », avec la Russie.

Au cours de la conférence de presse finale, le président du Conseil européen Göran Persson a mis l'accent sur un certain nombre de messages de ce Sommet, et en particulier sur la nécessité de stimuler la croissance (c'est « notre responsabilité commune »), d'oeuvrer ensemble pour la paix et de coopérer dans la lutte contre les changements climatiques. « En fait, nous sommes convenus de ne pas être d'accord » sur le Protocole de Kyoto, mais les Etats-Unis ont reconnu que les changements climatiques sont un problème, et, qu'on veuille ratifier le Protocole de Kyoto ou non, « il faut agir », s'est exclamé le Premier ministre suédois, en ajoutant: le changement climatique ne frappe pas seulement l'Europe, nous devons assumer nos responsabilités pour les conditions de vie des prochaines générations… Quant à George W. Bush, après avoir rappelé les « valeurs » et les « objectifs » que partagent les Etats-Unis et l'Europe (« et ce sont de grands objectifs », a-t-il déclaré), il a tenu à souligner, en ce qui concerne les changements climatiques, que « nous allons créer de nouveaux canaux de coopération » sur cet important problème, alors que le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a salué la confirmation de la participation américaine à la conférence de Bonn et a espéré que les positions se rapprocheront à l'avenir. Notre Sommet a montré combien notre relation est "solide" et indispensable", a-t-il dit, en saluant en particulier l'engagement de lancer un round de l'OMC « inclusif » et tenant compte des intérêts spécifiques des pays en voie de développement et des attentes de la société civile. Interrogé sur le rôle de l'UE et des Etats-Unis au Proche-Orient, le président américain a affirmé: nous devons parler « d'une seule et même voix », pour obtenir la mise en oeuvre du plan Mitchell.

UE et Etats-Unis affirment ensemble, pour la première fois, leur engagement de lancer un nouveau
round de négociations commerciales multilatérales

Sur le front commercial, le Sommet a été marqué en même temps par la proclamation (ensemble, pour la première fois) de la volonté de l'Union et des Etats-Unis de lancer un nouveau round de négociations commerciales multilatérales lors de la réunion ministérielle de l'OMC à Doha, l'automne prochain, et par une position ferme de l'UE (notamment à travers les propos du président Prodi) sur certains contentieux commerciaux, et en particulier celui de l'acier qui a le plus troublé, au cours des dernières semaines, les relations transatlantiques.

A Göteborg, la discussion entre Européens et Américains sur les passages de la déclaration commune soulignant que l'UE et les Etats-Unis sont engagés à lancer un nouveau round de négociations de l'OMC a porté sur des nuances de rédaction, mais des nuances importantes: fallait-il, par exemple, envisager un round couvrant tous les aspects (« comprehensive ») ou « ambitieux » (formule en réalité moins ambitieuse et moins précise que la précédente) ? Des sources proches de l'Union soulignaient parmi les éléments positifs de cette déclaration:

- le fait que l'UE et les Etats-Unis s'engagent à « travailler étroitement ensemble », au cours des prochaines semaines afin d'"assurer un consensus" sur l'ouverture d'un nouveau round fondé sur « un agenda substantiel et tourné vers l'avenir ». Ce nouveau round devra conduire à une ultérieure libéralisation du commerce mondial, en « clarifiant, renforçant et élargissant les règles de l'OMC », promouvoir la croissance et tenir compte des défis de la mondialisation, et aussi des « besoins et priorités » des pays en voie de développement et de la société civile (ce qui tient particulièrement à coeur à l'Union), souligne la déclaration.

- la détermination des deux partenaires transatlantiques de régler leurs contentieux commerciaux de préférence par la consultation plutôt que par les « litiges » et, de toute façon, « plus rapidement et plus efficacement ». Nous sommes résolus à explorer ensemble les moyens d'y parvenir, « y compris la médiation », et nous redoublerons nos efforts pour trouver des solutions mutuellement acceptables à nos disputes, précise la déclaration, dans laquelle l'UE et les Etats-Unis réitèrent aussi leur détermination de respecter les recommandations de l'organe de règlement des contentieux de l'OMC.

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