Bruxelles, 14/06/2001 (Agence Europe) - Le président de General Electric (GE) Jack Welsh a rencontré à deux reprises le Commissaire Mario Monti, mercredi 13 juin, afin de lui soumettre les engagements que son groupe est prêt à souscrire pour obtenir le feu vert européen à sa fusion avec Honeywell. La tension est particulièrement grande pour ces deux sociétés qui n'avaient plus que jusque ce jeudi minuit afin de présenter une offre finale qui lèverait les préoccupations des autorités européennes et, selon les informations qui ont filtré à l'issue de ces réunions, les jeux étaient encore loin d'être faits. Selon des sources proches du dossier, GE aurait proposé à la Commission plusieurs concessions: a) la cession d'un paquet d'activités comprenant de l'équipement avionique, des moteurs pour avions de transport régionaux, des moteurs auxiliaires de démarrage et des systèmes d'alarmes spécialisés, activités représentant un chiffre d'affaires annuel global de 2,1 mrds de dollars ; b) la tenue d'une comptabilité séparée pour GE Capital Aviation services (Gecas), la filiale de location d'avions de GE et la création d'un comité indépendant chargé d'en assurer la surveillance; c) la nomination de directeurs indépendants pour Gecas. Selon ces mêmes sources, la Commission presserait les parties à la fusion à davantage d'efforts avec des cessions supplémentaires ou encore une vente à forfait de Gecas, filiale qui focalise plus particulièrement les craintes de la Commission (voir EUROPE du 8 juin, p.12). Pour l'instant, les avis sont mitigés quant à une issue positive à l'opération, les uns estimant les divergences de vues trop importantes pour trouver un compromis qui satisfasse tout le monde, les autres estimant que de nombreux progrès ont été accomplis et qu'il faut se montrer optimiste. Il faudra patienter jusqu'au 12 juillet prochain pour connaître la décision finale de la Commission. Robert Zoellick, le représentant pour le commerce américain accompagnant le président Bush lors de sa visite en Europe, a profité de l'occasion pour indiquer que « les Etats-Unis montrent un grand intérêt pour un traitement équitable » de cette fusion par les Européens. Il a souligné par ailleurs que les relations entre les autorités antitrust américaine et européenne était « un exemple d'une collaboration franche et plutôt efficace ».