Bruxelles, 14/06/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne propose d'imposer des limiteurs de vitesse à tous les autobus de plus de 8 sièges et camions de plus de 3,5 tonnes. Elle a adopté cette semaine un projet de directive en ce sens, pour étendre le champ d'application de la législation de 1992 qui imposait des limiteurs de vitesse à tous les camions de plus de 12 tonnes, dont la vitesse est limitée à 90 km/h, et aux autobus de plus de 10 tonnes, dont la vitesse est limitée à 100 km/h. Elle n'envisage pas en revanche d'étendre la directive aux voitures particulières, précise dans un communiqué.
Dans un rapport accompagnant sa proposition, la Commission constate que globalement, l'installation des limiteurs de vitesse a permis de diminuer la consommation de carburant de 3 à 11%, de réduire le nombre d'accidents mortels et, de fait, de baisser le montant des primes d'assurance. L'allongement des délais de livraison et la diminution de la sécurité lors des dépassements d'autres véhicules sont en revanche les deux principaux effets négatifs des limiteurs de vitesse. Les auteurs du rapport estiment toutefois que "si tous les limiteurs de vitesse étaient réglés précisément sur la même vitesse, les dépassements ne seraient plus aussi fréquents".
"Cette mesure constitue un instrument majeur pour renforcer la sécurité routière et améliorer la qualité des véhicules sur le plan de l'environnement", a déclaré la Commissaire aux transports, Loyola de Palacio, dans un communiqué. La Commission européenne estime à 3 milliards d'euros les "retombées financières" de l'installation des limiteurs, d'une part en termes de frais d'installation, d'autre part en termes d'avantages liés à la réduction des émissions, du bruit, des frais de carburant et d'usure des pneus.
L'adoption d'une législation européenne sur les limiteurs de vitesse est l'une des priorités en matière de sécurité routière, retenues par le Parlement européen en janvier dernier et par le Conseil en juin 2000. Tout en "soutenant une action qui aura des effets positifs sur la sécurité routière", les représentants du secteur craignent ses effets. Les transporteurs routiers auraient souhaité un seuil supérieur à 3,5 tonnes, limite à partir de laquelle la législation européenne impose au conducteur d'être doté d'une licence professionnelle. "Le risque est que certains routiers utilisent de toute façon les failles de la législation et multiplient les transports avec des véhicules de moins de 3,5 tonnes", craint Winfried Röhman, responsable des dossiers frets de l'Union internationale du transport routier. Selon lui, les limiteurs de vitesse perdront en outre de leur intérêt avec le développement de la télématique appliquée au transport et la mise en place d'un "réseau routier intelligent".