Bruxelles, 30/05/2001 (Agence Europe) - L'Europe ne réalisera ses objectifs de développement durable et environnementaux qu'à condition que la politique générale sur le niveau et l'évolution des schémas de production et de consommation s'avère plus efficace. Tel est le message principal du rapport Environmental Signals 2001 qu'a publié mardi l'Agence européenne pour l'environnement et qu'elle considère comme une contribution importante au sommet de Göteborg des 15 et 16 juin, réunion au cours de laquelle les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union discuteront des stratégies d'intégration de la protection de l'environnement à neuf secteurs économiques et devraient adopter la première stratégie de développement durable de l'UE.
"Le rapport indique malheureusement que les problèmes environnementaux les plus difficiles à résoudre, notamment les émissions de gaz à effet de serre, les pressions sur les ressources terrestres et hydriques, la pollution due aux concentrations de nitrates et la production de déchets, persistent", a déclaré mardi à la presse Domingo Jiménez-Beltrán, Directeur exécutif de l'AEE. "Ces problèmes sont la conséquence de la dimension globale de l'utilisation des ressources", a-t-il poursuivi, précisant que les objectifs du sixième programme d'action communautaire en matière d'environnement ne seront atteints que si l'utilisation des ressources et de l'énergie se fait de manière plus efficace, ce qui "implique de nouvelles actions susceptibles d'influencer le caractère et l'ampleur de la production et de la consommation dans les divers secteurs économiques". A cet égard, M. Jiménez-Beltrán a fait valoir que la taxation est un outil clé qui permet de gérer la demande, à condition qu'elle soit appliquée de manière dynamique dans la mesure où les stimuli financiers deviennent de moins en moins efficaces compte tenu de l'évolution des revenus.
Margot Wallström, Commissaire européenne à l'environnement, a salué la parution de ce rapport de l'AEE dans la mesure où il rencontre la nécessité de créer une base factuelle solide pour le développement des politiques de l'environnement à venir, préoccupation exprimée dans le sixième programme.
Les rapports annuels Environmental Signals utilisent des indicateurs socio-économiques et environnementaux clés qui permettent d'évaluer la mise en oeuvre des politiques environnementales au niveau de l'intégration des considérations environnementales à d'autres secteurs politiques. La livraison de cette année passe en revue les secteurs des transports, de l'énergie, de l'agriculture et, pour la première fois, l'impact qu'ont les ménages sur l'environnement du point de vue de la consommation et du tourisme.
Le rapport révèle notamment que: - les rejets de métaux lourds et de substances organiques dans l'Atlantique du Nord-Est ont diminué considérablement entre 1990 et 1998; les émissions dans l'UE des six gaz à effet de serre repris dans le protocole de Kyoto ont diminué de 2 % entre 1990 et 1998 (des données ultérieures indiquent une diminution de 4 % en 1999, alors que les émissions aux Etats-Unis ont augmenté de 11 % durant la même période); - la production de déchets continue à augmenter et reste étroitement liée à la croissance économique; - la demande en carburants pour le transport augmente plus rapidement que la demande globale en énergie; - chaque jour, 10 hectares de terre ont été sacrifiés à la construction de routes entre 1990 et 1998; - les sources d'énergie renouvelables pour la production d'électricité ont augmenté d'environ 3 % par an entre 1989 et 1998, mais le taux de croissance annuel doit augmenter jusqu'à 5,5 % en 2010 pour répondre aux objectifs fixés par l'UE; - l'hébergement touristique avec le label de qualité écologique a augmenté considérablement depuis 1990 mais demeure malgré cela très marginal.
Environmental Signals 2001 révèle aussi que "l'éco-efficacité", c'est-à-dire l'efficacité avec laquelle les ressources environnementales sont utilisées pour produire une activité économique, s'est améliorée depuis 1990 en matière de transport, d'approvisionnement énergétique et d'agriculture. Ces progrès ont eu pour résultat une diminution des émissions de gaz acidifiants et des précurseurs d'ozone au niveau du sol provenant de ces secteurs. Toutefois, les gains en efficacité énergétique ont été contrebalancés par la croissance des secteurs en question.
Suite à la décision prise par les Quinze d'analyser les progrès réalisés en matière de développement durable à chaque Sommet de printemps, l'AEE publiera désormais ses futurs Environmental Signals avant ces Sommets.
Le texte intégral de Environmental Signals 2001 peut être consulté à l'adresse suivante: http: //reports.eea.eu.int/signals-2001/index_html