Strasbourg, 05/04/2001 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse à l'issue de l'octroi de la décharge à la Commission pour l'exécution du budget de 1999 (voir EUROPE du 5 avril, p.12), la Commissaire au budget Michaele Schreyer a dit se sentir « soutenue » par le vote du rapport Blak - un député qui, a-t-elle dit, a la réputation d'être un critique sévère de la mauvaise gestion, et qui a passé au peigne fin toutes les dépenses de la commission. M. Blak a reçu de nous « plusieurs milliers de documents » et, « pour ma part », l'accord entre Parlement et Commission s'est révélé très utile en ce qui concerne la transmission de documents confidentiels (mais le Parlement n'est pas d'accord: voir plus loin).
Mme Schreyer a évoqué en particulier: - l'affaire Fléchard, en constatant qu'aujourd'hui, dans une affaire analogue, la Commission se comporterait différemment, parce que, depuis, les règles ont changé (en particulier, a-t-elle noté, maintenant, l'Olaf existe) ; - l'affaire des fraudes aux subventions au secteur du lin, en assurant que la Commission demandera à l'Espagne la restitution des sommes dues, même si elle ne peut pas encore estimer leur montant (il ne s'agit pas là du comportement de la Commissaire de Palacio, mais de la manière dont entend agir la Commission, a-t-elle dit en répondant à une question).
Lors de sa conférence de presse avec les principaux rapporteurs, la présidente de la commission du contrôle budgétaire, la démocrate-chrétienne allemande Diemut Theato a affirmé en revanche que l'accord-cadre PE/Commission « n'a pas bien fonctionné » dans ses aspects « décharge » et qu'il doit donc être révisé (nous ne sommes pas en train de négocier, a dit en revanche Mme Schreyer en répondant à la presse à ce sujet). Mme Theato a aussi souligné que 1999 était une année « atypique », puisque la Commission Prodi était en fonction seulement pendant les quatre derniers mois de l'année: la décharge pour 2000 sera le véritable « test » pour cette Commission, a-t-elle estimé. Quant à Gabriele Stauner (PPE, allemande), elle a salué le vote positif de la plénière à sa demande d'établir un contrôle financier véritablement indépendant, et a répété que ce que la Commission européenne annonce vouloir faire en matière disciplinaire ne suffit pas. Louisewies van der Laan (libérale néerlandaise) a noté pour sa part, à propos du budget du Conseil, qu'il faudrait réviser le gentlemen's agreement entre Conseil et Parlement au sujet des budgets respectifs, parce qu'on assiste de plus en plus à un « glissement du pouvoir vers le Conseil » (ces dépenses, d'administratives, deviennent de plus en plus opérationnelles, et doivent donc être contrôlées).
Freddy Blak (PSE, danois) a estimé lui aussi que l'accord-cadre PE/Commission devrait être révisé, mais il a aussi tenu à exhorter les parlementaires à regarder de près, et d'un regard critique, ce qui se passe dans leur propre pays, et a cité deux affaires qui concernent le sien, le Danemark (restitutions à l'exportation et fonds structurels). M. Blak a insisté donc sur la responsabilité des Etats membres, mais Mme Theato a noté que le Parlement ne peut tenir que la Commission pour responsable, aussi pour ce qui se passe dans les Etats membres. Oui, mais au lieu d'attaquer la Commission, nous devons alors l'aider à remettre les Etats membres à leur place, a répliqué M. Blak devant la presse.