Strasbourg, 05/04/2001 (Agence Europe) - Suite à l'interdiction de farines animales dans l'alimentation des bovins d'abord, et ensuite des porcs et de la volaille, la consommation de protéines végétales dans l'Union augmente. Faut-il alors encourager la production dans les pays membres ? L'analyse des besoins et des coûts effectuée par la Commission européenne arrive à la conclusion que les contraintes budgétaires ne permettent pas d'envisager des mesures en faveur d'une augmentation de la production: continuer d'importer des Etats-Unis et de l'Argentine reviendra moins cher. C'est le Commissaire Franz Fischler, qui a ainsi expliqué au Parlement européen les conclusions auxquelles est parvenue la Commission (voir EUROPE du 19 mars, p.12).
Ces propos n'ont pas convaincu l'assemblée. Nous voulons un véritable plan protéagineux européen, s'est exclamée Mme Schierhuber (VPÖ, autrichienne). Vous invoquez des arguments purement économiques, a renchéri la socialiste espagnole Mme Rodriguez Ramos - et vous le faites un jour après que le Parlement ait voté un rapport dans lequel il affirme que la santé est une valeur qui ne peut être subordonnée à des critères commerciaux, a ajouté l'élue d'Alleanza Nazionale Mme Poli Bortone (une des craintes des parlementaires est de voir entrer dans l'Union, par le biais des importations de soja américain, des aliments génétiquement modifiés). Il y a au moins trois raisons de plaider pour une augmentation de la production dans l'Union, selon M. Souchet (RPF, français): la recherche de l'autosuffisance, les avantages pour l'environnement, une plus grande traçabilité des aliments. Il faut revoir les accords de Blair House avec les Etats-Unis, a affirmé enfin M. Jové Peres (Izquierda unida, espagnol), pour qui la dépendance de l'extérieur dans ce domaine est une faiblesse stratégique inadmissible.