Strasbourg, 05/04/2001 (Agence Europe) - Le Commissaire Franz Fischler a décrit jeudi devant le Parlement européen les dernières tentatives, infructueuses, de la Commission européenne pour parvenir à un accord de pêche avec le Maroc, en réaffirmant: je ne vois pas de possibilité, avec notre mandat, de conclure un tel accord, et je le répéterai au Conseil Pêche du 25 avril. M. Fischler a mis en avant, à la fois, les concessions faites par la Commission et la rigidité de la position du Maroc, en expliquant que si nous avions accepté les revendications financières du Maroc, nous aurions créé un dangereux précédent. Nous devons aussi penser aux intérêts des pêcheurs espagnols et portugais, a noté par ailleurs M. Fischler, en estimant qu'il faudra en particulier rechercher pour eux des alternatives dans les eaux d'autres pays tiers, et des emplois alternatifs dans d'autres secteurs, et en particulier dans l'aquaculture, le tourisme ou les services. La prochaine étape à laquelle nous devons déjà penser, c'est le budget de l'UE en 2002, a-t-il ajouté.
On a laissé dans vos mains une « bombe à retardement », a dit au Commissaire, M. Varela Suanzes Carpegna (Partido popular), président de la commission de la pêche, qui a noté que, en 16 mois, il y a eu 13 réunions techniques avec le Maroc et 7 réunions avec le Commissaire lui-même, et que le président de la Commission lui-même -chose sans précédent- s'est engagé dans cette affaire. Le Maroc n'a jamais véritablement voulu un accord, et il l'a démontré en imposant des « conditions léonines », a affirmé M. Varela, qui s'est demandé: pourquoi a-t-il renoncé à plus de 200 millions en trois ans ? Selon lui, avec l'argent que le Maroc n'a pas voulu il faudra créer un fonds social pour les pêcheurs des pays frappés par l'absence de cet accord. Le résultat est que 4 500 pêcheurs européens sont au chômage, a rappelé la socialiste espagnole Mme Miguel Ramos, qui a critiqué à la fois l'attitude du Maroc (au moment où il refusait l'accord avec nous, il en signait un avec le Japon, a-t-elle observé) et l'absence de stratégie du Conseil de l'UE. M. Jové Peres (GUE espagnol) a rappelé que, au moment de l'accord d'association UE/Maroc de 1995, son groupe avait demandé que la conclusion de l'accord de pêche soit examinée dans le contexte de cet accord d'association. M. Cunha, (PPE-DE portugais), en estimant que le Conseil et la présidence de l'UE ont été plutôt « passifs » dans cette affaire, s'est demandé: est-ce parce que l'accord intéressait seulement deux Etats membres ?