Bruxelles, 11/12/2000 (Agence Europe) - Le Sommet de Nice a pris en considération l'éventualité d'un échec des négociations actuellement en cours pour un nouvel accord de pêche entre l'UE et le Maroc. Dans les "conclusions de la présidence" (chapitre VI Relations extérieures, point B Méditerranée, voir EUROPE édition spéciale du 10 décembre), les chefs de gouvernement expriment l'espoir qu'une solution puisse être atteinte avant la fin de l'année, mais en ajoutant: "si cela ne s'avère pas possible, le Conseil européen invite la Commission à proposer, dans le respect des perspectives financières, un programme d'action spécifique pour la restructuration de la flotte communautaire qui a exercé ses activités de pêche dans le cadre de l'ancien accord et à proroger le système actuel d'aide à l'inactivité de cette flotte".
Le ministre espagnol des Affaires étrangères M.Piqué s'est félicité à Nice même de cette position du Sommet, en parlant d'un "message important" qui devrait donner un peu de tranquillité au secteur de la pêche espagnol. Selon des sources non officielles, la participation budgétaire de l'UE à la reconversion de la flotte espagnole (et en partie portugaise) pourrait se situer entre 500 millions et un milliard d'euros, sur plusieurs années. La rumeur selon laquelle l'Espagne aurait obtenu cet engagement de l'Union en échange de la levée de sa réserve sur le volet social du statut de la société européenne a été démenti.
M.Piqué s'est également félicité du passage des conclusions de Nice relatif aux "régions ultra périphériques" (paragraphe 53), positif pour les Canaries.
EUROPE rappelle que jusqu'à présent la Commission européenne (qui négocie pour l'UE) et le Maroc sont en désaccord sur tous les éléments essentiels du nouvel accord: ampleur de l'effort des pêcheurs européens dans les eaux marocaines, durée du nouvel accord, niveau de la compensation financière, etc. Un nouveau round de négociations se déroule ce mardi; les négociateurs communautaires attendent de savoir si le Maroc assouplira sa position, à la suite de l'affirmation du Sommet sur la possibilité que l'UE y renonce. Le porte-parole du commissaire Fischler a indiqué que, sur la base de la position marocaine actuelle, l'accord est impossible.