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Bulletin Quotidien Europe N° 7857
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bananes

Costa Rica, Equateur et pays des Caraïbes défendent des positions opposées à propos de l'accès au marché européen

Bruxelles, 06/12/2000 (Agence Europe) - Le nouveau régime d'importation de bananes dont l'Union envisage de se doter continue de susciter des inquiétudes et protestations parmi les pays fournisseurs. Le concert qui s'est fait entendre la semaine dernière était cependant plutôt dissonant, tandis qu'une polémique battait son plein entre les deux principaux producteurs au monde ... et concurrents.

"La concurrence sévira (entre les pays d'Amérique latine) sur la base des prix les plus bas et le Costa Rica aura du mal à maintenir en l'état ses politiques sociale, environnementale et de santé", si la réforme envisagée aboutit, a prédit le ministre des Affaires étrangères de ce pays, Miguel Angel Rodriguez, lors de sa visite à Bruxelles la semaine dernière. Le second producteur au monde comprend mal que "l'Union insiste dans sa politique de coopération (avec l'Amérique centrale) sur le développement humain, tout en le mettant en danger" avec ce projet. Car, a-t-il dit, "le nouveau système placera le pouvoir entre les mains des commerçants et ce seront nos producteurs qui en paieront le prix". Le Costa Rica, qui bénéficiait jusqu'à présent d'un quota de 23 % du marché communautaire, pense en effet que les nouvelles règles inciteront les multinationales à se tourner vers les fournisseurs qui produisent les bananes les moins chères, au détriment des efforts sociétaux qu'il a consentis. Sa propre production est plus onéreuse que celle de l'Equateur, parce que les producteurs du Costa Rica perçoivent un salaire moyen quatre fois plus élevé (448 euros contre 114), souligne-t-on à San José.

La réplique de Quito a fusé: "On veut dissimuler l'inefficacité de nos concurrents en affirmant qu'ils paient leurs ouvriers agricoles quatre fois plus qu'en Equateur, mais la réalité indique que dans les pays en développement les seuls à payer un tel salaire sont les semeurs de feuilles de coca, parce que la cocaïne est le produit du tiers monde ayant les meilleurs prix sur le marché des pays riches". Alfredo Pinoargote, Ambassadeur à Bruxelles, avait anticipé le tir en expliquant que l'abolition des quotas par pays fournisseur résultait de leur incapacité à accorder leurs violons, ce qui aurait poussé "les pays qui ont profité de ces quotas illégaux (à) décider de faire une offensive diplomatique qui pourrait projeter une image dénaturée de l'industrie bananière équatorienne". Et il avait souligné que: i) la production équatorienne est à 100% entre les mains de plus de cinq mille agriculteurs équatoriens, pas un hectare n'est cultivé par des entreprises transnationales, ii) la commercialisation est contrôlée à 70% par des entreprises équatoriennes, le reste étant principalement écoulé aux Etats-Unis, iii) l'Equateur est le seul pays producteur à avoir des opérateurs nationaux (alors que "la politique commerciale de nos concurrents dépend des décisions des transnationales").

Loin de cette polémique mais tout aussi inquiets, les exportateurs des Caraïbes ont mis en garde contre la mise en place d'un mécanisme de type "1er arrivé, 1er servi" plutôt que celui lié aux performances historiques du négoce, qu'ils continuent de plébisciter. "La plupart des parties concernées - y compris les Etats-Unis - préféreraient ce dernier système et presque tous pourraient en accepter le principe", affirme leur porte-parole européen, Gordon Myers. D'après lui, les divergences qui subsistent sur des "détails importants" peuvent être résorbées "sur une base équitable qui garantisse le maintien de l'accès pour les pays des Caraïbes et autres ACP". En revanche, la formule envisagée ne permettra pas de répondre au "besoin vital de l'industrie caraïbe d'avoir un accès assuré et des prix viables" et "provoquerait la ruine des économies de petits pays caraïbes qui dépendent fortement de leurs exportations de bananes vers l'UE, de même que la proposition alternative d'un régime exclusivement tarifaire", a-t-il averti. Et de rappeler, dans la perspective de la "rencontre-clé" qui se tiendra le 18 décembre entre les dirigeants de l'Union et des Etats-Unis à Washington, qu'"il incombe aux deux parties de trouver une solution conforme à leurs engagements vis-à-vis des Caraïbes autant que de l'OMC".

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