Bruxelles, 06/12/2000 (Agence Europe) - La coopération, la transparence et la nécessité d'éviter toute duplication entre l'Otan et l'Union européenne était mardi au centre des discussions ministérielles de l'Alliance atlantique. Le Secrétaire d'Etat américain à la défense, William Cohen a mis l'UE en garde contre le danger d'un affaiblissement de l'Alliance si une structure militaire concurrente venait à naître dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (Pesd). "L'Otan pourrait devenir une relique du passé" si les Quinze ne développent pas des relations ouvertes et transparentes avec elle, s'est-il exclamé. M. Cohen a réaffirmé que les Etats-Unis soutiennent la création d'une force de réaction rapide européenne pour autant qu'elle ne soit pas en concurrence avec l'Otan, qu'elle ne dédouble pas la planification et qu'on ne crée pas une nouvelle bureaucratie. Pour éviter cela, M. Cohen a proposé la mise en place d'une coopération en matière de planification stratégique et opérationnelle commune entre les 23 Etats concernés (les Quinze et les huit pays de l'Otan non membres de l'UE).
Le Secrétaire général de l'Otan Lord Robertson a dit partager l'avis selon lequel "la duplication et la rivalité" entre les deux organisations seraient "très dangereuses pour les deux". Tout en soulignant qu'il reste beaucoup de travail à faire, il a dit avoir confiance dans la conclusion prochaine d'un accord entre l'Otan et l'UE.
Le ministre français de la Défense Alain Richard a estimé qu'un accord de coopération UE-Otan pourra être finalisé dans les premiers mois de 2001. Après le Sommet de Nice, le document sur les "arrangements permanents" sera transmis à l'Alliance qui devra en discuter, même si les propositions européennes ont déjà été débattues entre les deux organisations, depuis juillet dernier, au sein de quatre groupes de travail conjoints. M. Richard a indiqué que la proposition de M. Cohen sera examinée dans les prochaines semaines.