Bruxelles, 27/11/2000 (Agence Europe) - La réunion de l'Eurogroupe qui a précédé, dimanche en fin de journée, la session Ecofin consacrée à la fiscalité (voir autre nouvelle ci-dessus) a été jugée "très positive" par son président et ministre français des Finances Laurent Fabius. Aux côtés du commissaire Pedro Solbes, il en a présenté ainsi les résultats.
Situation et perspectives économiques. A la lumière des prévisions d'automne de la Commission, les ministres des Finances de la zone euro ont constaté que la croissance était positive et confirmé qu'elle devrait rester "soutenue", ce qui devrait entraîner une "diminution régulière du taux de chômage". Ils ont également observé qu'elle était, "dans l'ensemble, non inflationniste, même si certains Etats membres doivent être vigilants vu ce qui se passe sur le front pétrolier". M. Fabius a indiqué avoir le sentiment, en comparant "l'évolution des trois grandes zones monétaires, que la stratégie suivie depuis le Conseil européen de Lisbonne est la bonne". Et de préciser: "Il peut toujours exister tel ou tel risque, mais ils sont d'origine externe. Le développement interne de la zone euro est, lui, très satisfaisant". Il a précisé que les "éléments d'incertitude" étaient liés, entre autres, aux prix pétroliers, aux marchés boursiers et à la situation "dans d'autres grandes zones comme la japonaise". Dans la zone euro, par contre, "les éléments fondamentaux sont positifs", même s'il importe de "veiller à ce qui se fait sur le plan de la consolidation budgétaire" ("Ce dont tous les gouvernements sont conscients", a-t-il ajouté). Pour sa part, après s'être réjoui de ce que la situation économique soit "la meilleure depuis dix ans", Pedro Solbes a annoncé que la Commission publierait une étude sur la nouvelle économie la semaine prochaine.
M. Fabius s'est félicité de ce que la Commission eût publié pour la première fois son nouvel indicateur d'activité industrielle pour la zone euro. Cet indicateur montre, a expliqué M. Solbes, que la zone euro avait "atteint un sommet en juin dernier" et que le climat est ensuite "un peu redescendu, pour se stabiliser à un niveau élevé en octobre". La prochaine mise à jour interviendra la semaine prochaine.
Taux de change de l'euro. Ce thème a été très brièvement abordé par les ministres, aucun élément nouveau ne les poussant à remettre en cause leur point de vue selon lequel "l'euro est sous-évalué" par rapport au dollar. Un potentiel d'appréciation de 20% semble être, aux yeux de M. Fabius, un "chiffre raisonnable". Invité à dire ce qui se passerait si l'euro se redressait trop vite, le président a répondu: "Ce sera le sujet de la prochaine conférence de presse !" Une demi-boutade, en l'occurrence, puisque M. Fabius a expliqué que l'Eurogroupe y réfléchissait vraiment, notamment à la lumière du fait que le déficit commercial américain "est énorme et qu'il est en train de gonfler extrêmement". Dès lors, "quand on compare les chiffres, bien des éléments plaident en faveur de la zone euro", a estimé M. Fabius tout en reconnaissant que les marchés y mettent du temps.
Situation budgétaire. "Nous devons continuer à agir de manière déterminée sur le niveau des déficits", a expliqué M. Fabius (M. Solbes qui a indiqué, pour sa part, que la Commission insistait pour que les Etats membres fassent "le maximum du point de vue de l'évolution des dépenses publiques") en précisant que cela impliquait des "assainissements". Et il a ajouté que les membres de l'Eurogroupe s'assignent trois objectifs: - développement de la croissance ; - réduction des déficits ; - réformes fiscales.
Aspects pratiques de l'introduction de l'euro. A la lumière du "tableau de bord" élaboré chaque mois par la Commission, l'Eurogroupe a fait le point de la situation et constaté, selon M. Fabius, qu'il convenait "d'accélérer les préparatifs" en donnant une impulsion à partir du 1er janvier 2001. Pour le président de l'Eurogroupe, le Conseil européen de Nice pourrait revenir sur ce point.
Méthodes de travail de l'Eurogroupe. Tout en constatant que leur enceinte fonctionnait de mieux en mieux, les ministres ont convenu, selon M. Fabius, de conférer un "caractère pro-actif" à leurs travaux ainsi qu'une "plus grande visibilité et une plus grande transparence". Ils poursuivent aussi une "meilleure coordination", ce qui les amènera à se concerter entre eux avant de prendre des décisions nationales.