login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7813
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/sommet de biarritz

Large appui des députés au discours de M.Prodi - La majorité des parlementaires saluent l'adoption de la Charte des droits fondamentaux

Strasbourg, 04/10/2000 (Agence Europe) - Le débat du Parlement européen de mardi matin sur le sommet de Biarritz (mardi, après les discours des présidents de la Commission et du Conseil, voir EUROPE d'hier pp. 3, 4 et 5) a permis aux députés de s'exprimer non seulement sur les priorités de ce Conseil européen - la CIG et la Charte des droits fondamentaux, plus l'énergie - mais aussi sur le discours du président de la Commission européenne Romano Prodi, qui a suscité des réactions très positives.

Ce débat se déroule le jour où on fête dix ans d'unification allemande, ont remarqué plusieurs parlementaires: cette unification n'aurait pas été possible sans Solidarnosc et sans la lutte pour la liberté dans les pays de l'Est, a dit le président du groupe du PPE/DE M.Pöttering, en souhaitant que les pays candidats puissent participer aux élections du Parlement européen en 2004. L'élu de la CDU a appelé le discours de Romano Prodi un « grand discours » et a aussi affirmé que les grands pays ne doivent pas se montrer arrogants vis-à-vis des petits: selon lui, si les grands avaient adopté une position différente sur une « certaine question » (allusion à la question autrichienne) le résultat du référendum danois aurait pu être différent. M.Pöttering a invité par ailleurs M.Moscovici à avoir le courage de rester fidèle aux idéaux européens de François Mitterrand. M.Moscovici nous a décrit « avec élégance et discrétion » une situation de blocage total à la CIG, a remarqué le président du groupe socialiste M.Baron , qui a reconnu cependant le succès des travaux sur la Charte des droits fondamentaux, qui représente, selon lui, un message important aussi pour les citoyens des pays candidats. En commentant le discours du président Prodi, le président du groupe libéral M.Cox a dit. « C'est votre meilleur moment », vous avez dit clairement où doit aller le débat. En paraphrasant Winston Churchill , qui invitait les Britanniques, lors de la Deuxième Guerre mondiale, à se battre partout où ils le pouvaient, il a invité les Européens à « se battre pour l'Europe, dans la rue ». Romano Prodi a mis courageusement le doigt sur certains de nos dysfonctionnements, a affirmé le co-président du groupe des Verts M. Lannoye, pour qui l'euphorie ne serait cependant pas justifiée, car le travail à faire est encore grand: il s'agit, d'ici Nice, de rétablir la confiance des citoyens, par une réforme « visionnaire et forte ». Je vous suis volontiers lorsque vous soulignez les limites de la méthode intergouvernementale, a dit à M. Prodi le président du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique M. Wurtz, tout en soulignant que « la voie à suivre n'est certainement pas dans une centralisation des pouvoirs entre les mains de la Commission ». Selon lui, c'est le système institutionnel dans son ensemble qui doit être transformé, et l'élément nouveau qui doit être au centre de ce changement , « ce sont les acteurs et les actrices du mouvement social, ce sont les citoyens, ces grands absents de votre discours ».« Les citoyens ont compris l'épuisement d'une certaine façon d'organiser l'action publique…L'Union est née et se construit en cercles fermés plutôt qu'au grand jour.. C'est l'ensemble du processus qui doit devenir démocratique », a ajouté M. Wurtz, en disant à M. Prodi: « ces phrase ne sont pas de moi. Elles sont tirées d'un document commandé il y près de deux ans par votre prédécesseur à la Cellule de prospective de la Commission, avant d'être classé sans suite ».

Le droit à la diversité à été réclamé par plusieurs parlementaires, notamment par M. Collins qui, au nom du groupe de l'Union pour l'Europe des nations, a demandé que la réforme des traités soit équilibrée et équitable ; par M. Martinez, du Front National, qui a réclamé un commissaire par chaque Etat membre. Le Danemark nous a donné une leçon de démocratie, a enchaîné M. Butel au nom du groupe de l'Europe des démocraties et des différences, en souhaitant que la CIG permette de « rédéfinir un système qui a atteint ses limites ».

Plusieurs parlementaires se sont félicités de l'adoption de la Charte des droits fondamentaux, à commencer par le président de la délégation du Parlement à la Convention, M. Mendez de Vigo. Je ne serais pas un bon démocrate-chrétien si je ne croyais pas aux miracles, a-t-il dit: et bien, miracle il y a eu, et certains pays qui étaient contre l'intégration de la Charte dans le traité ont changé d'avis. C'est une « belle Charte, dont aucun juriste ne pourra dire qu'elle n'existe pas », a affirmé la socialiste française Mme Berès, également membre de la délégation du Parlement à la Convention, pour qui le fait que soixante-deux personnes d'horizons différents et parfois rivaux aient pu élaborer ce texte commun et l'adopter par consensus est un signe de la santé politique de l'Union. Pervenche Berès a par ailleurs proposé d'établir un lien entre la Charte et l'Article 7 du Traité. Quant au libéral démocrate britannique Duff, il a estimé que la Commission européenne doit lancer une vaste campagne d'information des citoyens sur ce grand projet qu'est la Charte. En plaidant pour l'intégration de la Charte dans le traité, le Vert autrichien Voggenhuber (co-rapporteur du Parlement sur la Charte, avec M.Duff) a estimé que le vote du Parlement européen doit être décisif à ce sujet. M.Berthu, membre français de l'Union pour une Europe des Nations, a rappelé que, au sein de la Convention, il avait voté contre la Charte (voir EUROPE du 3 octobre, p.5). Mme Kaufmannn, élue du PDS allemand, s'est prononcée pour l'ouverture d'un grand débat public sur le projet de Charte, afin d'aboutir à l'insertion de ce texte dans un nouveau Traité (ceci rejoint les demandes du Forum permanent de la société civile). Cette Charte est un symbole du passage de l'Europe économique à l'Europe politique et un message pour les pays candidats, a affirmé Mme Paciotti (Democratici di sinistra).

Romano Prodi est enfin passé à l'attaque, a dit pour sa part Daniel Cohn-Bendit, Vert allemand élu en France, en notant que le président de la Commission a clairement identifié certains dysfonctionnements (à propos notamment de « Monsieur Pesc ») et qu'il s'est prononcé, en ce qui concerne la pondération des voix au sein du Conseil, pour la solution la plus simple, équitable et compréhensible, celle de la double majorité.

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE