Strasbourg, 04/10/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a fait son choix: elle propose que l'UE modifie son régime d'importation de bananes en introduisant (avec des adaptations) le système "premier arrivé, premier servi", dans le cadre du mécanisme de contingents qui déjà existe. Ceci dans l'attente de passer, en 2006, à un régime purement tarifaire. En présentant à la presse cette décision, le commissaire Franz Fischler a rappelé que le Conseil avait chargé la Commission, en juillet dernier, d'étudier la faisabilité de ce régime, et il a indiqué que la Commission était parvenue à la conclusion qu'il est compatible avec les règles de l'OMC, transparent, souple, en mesure de fonctionner et qu'il ne défavorise personne. Toutes les tentatives pour mettre d'accord les Etats-Unis et les pays exportateurs sur un régime contingentaire fondé sur des références historiques (importations européennes du passé) ont échoué, et la Commission n'avait pas d'autres choix.
Le système "premier arrivé, premier servi" sera adapté aux spécificités du marché de la banane: éloignement des lieux de production par rapport au marché européen, caractère périssable du fruit, nécessité d'organiser l'approvisionnement régulier du marché de semaine en semaine, évaluations des ports utilisables, etc.. La Commission a prévu de nombreuses mesures d'adaptation, a expliqué M.Fischler, dont un mécanisme de vérifications des quantités de bananes chargées sur les navires, afin d'éviter la déclaration de quantités fictives, et certaines dispositions pour tenir compte de la durée des voyages, afin de ne pas désavantager les pays les plus éloignés. La Commission propose aussi d'augmenter la préférence tarifaire en faveur des pays ACP, en portant à 300 euros par tonne le droit de douane applicable aux autres fournisseurs du contingent de 850.000 tonnes (la Commission avait d'abord proposé 275 euros/t, le Parlement avait demandé l'augmentation à 300 euros). Le niveau du droit pourrait toutefois être réduit au cours de l'année, s'il s'avère excessif.
Interrogé sur les premières réactions négatives de pays exportateurs (Panama, voir autre nouvelle en p.11), M.Fischler a répondu qu'il ne s'attendait pas à des réactions enthousiastes de la part de personne, car "un régime qui plaît à tout le monde n'existe pas". L'objectif est de maintenir un certain équilibre entre les avantages et les désavantages de chacun, parce que l'UE doit remplir ses engagements internationaux.
Le Conseil aura un premier échange de vues sur ce projet dans sa session "Affaires générales" du 9 octobre à Luxembourg.