Bruxelles, 04/10/2000 (Agence Europe) - Au cours de la réunion informelle du 30 septembre à Paris sous la présidence de Jack Lang (voir EUROPE du 30 septembre p.15), les ministres de l'Education des Quinze se sont mis d'accord pour soutenir l'idée même du Plan d'action pour la mobilité (PAM) proposé par la Présidence du Conseil et la Commission européenne, et plus particulièrement sur certains points spécifiques comme: la certification (càd labelliser des projets très réussis, ce qui permet d'attirer les investisseurs locaux et privés); la création d'un portail commun donnant accès aux différentes sources européennes d'information à la mobilité; l'apprentissage des langues; l'intégration d'une partie "mobilité" dans la formation du personnel de l'éducation.
Les ministres ont également estimé que: 1) le PAM devrait concerner non seulement les étudiants, enseignants et stagiaires mais aussi les chercheurs; 2) le PAM ne devrait pas être accompagné d'un calendrier contraignant de mise en oeuvre mais bien être une "boîte à outils" au service de personnes souhaitant profiter de la mobilité en Europe. Des différences sont apparues entre certaines délégations sur ce point: l'Allemagne et le Royaume-Uni ne souhaitent pas de calendrier contraignant, la première parce qu'elle est un Etat fédéral et doit tenir compte des pouvoirs des Länder, le second parce qu'il craint une trop grande ingérence du niveau communautaire dans sa politique nationale de l'éducation et de la formation ; 3) le financement des mesures prévues par le PAM relèvera essentiellement de la compétence des Etats membres; 4) le PAM est complémentaire avec la recommandation en cours d'adoption sur la suppression des obstacles à la mobilité: en effet, il ne sera possible de promouvoir la mobilité avec le PAM que si disparaissent les entraves dans des domaines comme la fiscalité ou la protection sociale.
Jugeant "le climat de cette réunion très consensuel", la commissaire Viviane Reding a insisté pour que ce PAM ne prévoie pas de nouvelles structures mais soit un instrument opérationnel. Elle a insisté sur l'idée de labellisation des bonnes pratiques constatées dans les Etats membres pour encourager la mobilité et sur celle du PAM comme étant "une des deux faces de la même médaille" (l'autre face étant la recommandation de la Commission sur la suppression des obstacles à la mobilité).
Le PAM sera à présent retravaillé dans les détails par le comité de l'éducation en vue d'une adoption sous forme de résolution lors du Conseil du 9 novembre prochain. Ce qui reste principalement à discuter sont: le calendrier de réalisation (non contraignant); l'affirmation d'un droit à la mobilité pour les étudiants et les enseignants; tout ce qui est lié à la fiscalité, à la sécurité sociale, etc. Une brochure sur les bonnes pratiques en matière de mobilité sera présentée lors du Sommet européen de Nice.