Bruxelles, 29/09/2000 (Agence Europe) - Le Conseil Ecofin qui s'est tenu vendredi sous la présidence de Laurent Fabius (le président de la Commission Romano Prodi y a participé pendant le déjeuner) a été dominé par la question pétrolière. M. Fabius en a dégagé les points suivants:
- les Quinze sont tous d'accord pour confirmer qu'une réduction générale de la fiscalité pétrolière ne serait pas une réponse adaptée. "Elle risquerait d'être très coûteuse et elle serait complètement illusoire", voire même "très contre-productive". Au-delà des "décisions spécifiques et provisoires prises par certains Etats membres, la ligne générale est donc confirmée: "C'est non !", a conclu M. Fabius;
- les ministres des Finances ont "pris note avec plaisir de l'intention de la Commission de publier dès la semaine prochaine une Communication qui traitera de sujets liés au pétrole". Dans cette perspective, les Quinze ont "unanimement insisté" sur un "plein respect de la concurrence" et sur "la nécessité de politiques d'économie d'énergie et de diversification énergétique";
- il y a "accord général" -et c'est, selon M. Fabius, "l'un des points les plus importants du débat"- pour "développer un dialogue de long terme entre pays producteurs et consommateurs" avec l'objectif d'arriver à un niveau de prix qui soit "raisonnable". Ce dialogue, a-t-il précisé, devrait être envisagé non seulement pour les périodes où les prix sont trop élevés (ce qui reste le cas car ils sont au-dessus de la fourchette de 22 à 28 dollars le baril avancée par l'Opep) mais "aussi lorsque les prix sont trop bas". Et M. Fabius de préciser que si les Quinze voulaient "un dialogue de long terme, c'est parce qu'ils veulent la stabilité";
- pour ce qui est des réserves stratégiques et de leur éventuelle utilisation, "il a été demandé à la Commission d'étudier plus avant ce point", les Quinze étant d'accord sur le fait que ce sujet devrait être intégré à leur réflexion et n'excluant "aucune décision pour le futur". M. Fabius a reconnu que des points de vue différents avaient été exprimés, expliquant: "L'échange de vues a eu lieu. Chacun des Etats membres et la Commission vont maintenant réfléchir", sans aucune date-butoir pour cette réflexion.
Au sujet des éventuelles conséquences économiques de la crise pétrolière, Pedro Solbes a dit que ce sujet n'avait pas fait l'objet d'un débat spécifique vendredi et que la Commission pensait que si le pétrole aurait une "certaine conséquence sur la croissance", cette dernière n'en devrait pas moins rester à 3,5% cette année et être supérieure à 3% en 2001.