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Bulletin Quotidien Europe N° 7810
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Les ministres ont pris acte avec sérénité du "non" danois qui ne modifie en rien la situation de l'euro - Autres délibérations

Bruxelles, 29/09/2000 (Agence Europe) - Réuni vendredi matin sous la présidence du ministre français des Finances Laurent Fabius, en présence du président de la BCE Wim Duisenberg et du commissaire Pedro Solbes, l'Eurogroupe a traité des quatre sujets suivants:

Résultats du référendum danois. "Nous prenons acte avec regret" de la décision -"que nous respectons"- du peuple danois, a déclaré M. Fabius en précisant que les ministres des Finances de la zone euro avaient également constaté que cette décision n'empêcherait pas, juridiquement, une adhésion ultérieure du Danemark. "Cette décision ne modifie pas la situation de l'euro", a ajouté le président, "parce que la taille de l'économie danoise est de 2% par rapport à l'ensemble. Cela ne diminue en rien l'importance que nous attachons à la décision du Danemark, mais elle ne modifie pas la situation économique". M. Fabius a encore indiqué que les membres de l'Eurogroupe s'étaient félicités "de la décision du gouvernement danois de tenir en l'état l'ancrage de la couronne par rapport à l'euro". Pour sa part, Wim Duisenberg a dit qu'il partageait évidemment les regrets exprimés par les ministres des Finances, mais "à partir de maintenant, c'est business as usual !". A propos du lien entre la couronne et l'euro, il a précisé: "Techniquement, le mécanisme de change est un contrat entre la Banque centrale du Danemark et la Banque centrale européenne. La BCE a pleinement l'intention de respecter ce contrat" (ce qui veut dire que la BCE interviendra pour soutenir la couronne s'il le faut). En réponse à des questions, les précisions suivantes ont été apportées:

Risque de contagion du "non" en Suède et au Royaume-Uni ? "L'euro, c'est 300 millions de personnes. C'est quelque chose qui fonctionne. C'est quelque chose qui est soutenu et qui repose sur une activité économique forte. Ceux qui sont membres de l'euro en sont satisfaits", a lancé M. Fabius. Dans ce contexte, faut-il de nouveaux membres ? Observant que la Grèce avait rejoint la zone et que la décision danoise n'était "pas vraiment une innovation" (il a rappelé le "non" de 1992 au Traité de Maastricht), M. Fabius s'est borné à constater que d'autres pays devraient se prononcer "le moment venu", mais que "la solidité de la zone euro" était de toute manière "établie": "S'ils veulent nous rejoindre, tant mieux. De toute façon, la zone euro continuera".

Conséquences pour le Danemark. "Le peuple danois a choisi de se priver des avantages d'une participation à la zone euro", a commenté M. Duisenberg en citant "l'accroissement du taux de croissance et de la prospérité, phénomène qui se produit au sein de la zone euro". Même si le Danemark a choisi de "maintenir le régime d'ancrage de son taux de change fixe mais ajustable, les incertitudes liées au fait de ne pas avoir de parité fixe irrévocable continueront à planer".

Conséquences pour la CIG. Le président de l'Eurogroupe s'est voulu rassurant en observant d'abord que la CIG prendrait fin "avant que d'autres pays se soient prononcés", ensuite que tout le monde reconnaissait la nécessité de rendre les institutions plus efficaces et plus démocratiques. M. Solbes a ajouté que le Premier ministre Rasmussen avait clairement indiqué qu'il voulait continuer à coopérer dans la CIG.

Elargissement et appartenance à la zone euro. L'élargissement n'entraînera "pas de conséquence automatique" concernant les adhésions à l'euro, a rappelé Laurent Fabius en précisant: "Il est évident que pour adhérer à l'euro, il faut être membre de l'UE. Mais ce n'est pas parce que l'on est membre de l'UE qu'on adhère à l'euro", toute une série de critères et de mécanismes étant prévus pour conduire à la monnaie unique. "Il faut observer les critères", a jouté M. Solbes en lançant: "Il n'y aura jamais affaiblissement de l'euro !"

Nécessité d'un renforcement de l'Eurogroupe ? Ayant "l'impression" que cette instance "fonctionne bien" et qu'elle fait du "travail vraiment utile", M. Fabius s'est borné à constater que les ministres des Finances étaient des "gens pragmatiques" qui agiraient en cas de besoin. Quant à l'idée d'une présidence permanente, il a indiqué qu'il ne la proposerait pas à ses collègues.

Suite des réunions de Prague. Selon M. Fabius, l'Eurogroupe "a examiné ce qui s'est passé au G7 de la semaine dernière et est revenu sur la situation des changes et sur le succès de l'intervention sur l'euro qui a eu lieu". Il a précisé que les ministres s'étaient félicités "de la décision d'intervention, de sa préparation, de son déroulement et de ses premiers résultats", démontrant qu'il existe un "accord très large pour que s'opère cette remontée de l'euro". Il a souligné que l'opération avait été "soutenue avec force par le G7". A la question de savoir si la BCE était en train d'intervenir pour maintenir l'euro à 88 cents américains, M. Duisenberg a rappelé sa doctrine en matière d'interventions: "Quand elles auront eu lieu, je vous en informerai, pas avant!" D'autre part, à propos des manifestations d'opposants à la globalisation, M. Fabius a reconnu l'exigence d'être "attentifs à la manière dont nous expliquons le fonctionnement des organisations internationales", mais il a ajouté que "la mondialisation est un fait" et s'y opposer "n'a pas beaucoup de sens". Le démantèlement du FMI et de la Banque mondiale conduirait, selon M. Fabius, à un "affaiblissement des plus pauvres". Dès lors, la seule solution est simplement de rendre ces institutions "plus efficaces, plus à l'écoute, plus légitimes".

Initiatives de la Commission dans le domaine statistique. Le président de l'Eurogroupe s'est félicité de ce que la Commission était désormais "en mesure de publier des indicateurs clés" pour la zone euro, ainsi que "des indicateurs avancés avant la fin de l'année".

Euro pratique. Les membres de l'Eurogroupe ont étudié pour la première fois le "tableau de bord" qui doit leur permettre de vérifier que la marche vers l'introduction des pièces et billets en euros se déroule bien.

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