login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13871
ACTION EXTÉRIEURE / Élargissement

L’Autriche et quatre autres pays demandent des options à la Commission pour une intégration progressive des pays candidats dans le marché unique

L’Autriche, la République tchèque, l’Italie, la Slovaquie et la Slovénie ont appelé la Commission européenne à présenter des « propositions » visant à faire progresser l’intégration graduelle dans le marché unique des pays candidats a l'adhésion à l'UE, compte tenu du fait que « des incitations attractives sont nécessaires » afin de motiver la mise en œuvre de « réformes irréversibles » et que « l’intégration progressive s’est révélée être un instrument utile pour lutter contre la 'fatigue des réformes' ».

« Un accès fondé sur le mérite - si nécessaire, étape par étape - au marché unique européen constitue une telle incitation, en accélérant l’intégration économique et le rapprochement réglementaire, tout en préservant la perspective à long terme d’une adhésion pleine et entière à l’UE », soutiennent-ils, selon un document informel ('non-paper') récemment diffusé à tous les États membres de l’UE et consulté par Agence Europe. Ils insistent sur le fait que l’intégration progressive dans les principaux secteurs du marché unique devrait être considérée « comme une étape intermédiaire vers une intégration européenne complète » et être « systématiquement poursuivie » dès lors qu’un pays candidat « démontre un niveau élevé d’alignement sur l’acquis de l’UE dans le secteur concerné ainsi qu’une mise en œuvre solide et crédible de l’État de droit ».

Dans ce contexte, ils appellent la Commission européenne à « présenter des propositions pour une intégration sectorielle concrète dans le marché unique européen, y compris des procédures claires permettant d’évaluer si un candidat a atteint un niveau élevé de préparation dans les chapitres concernés, ainsi que des garanties en cas de recul majeur ».

Selon eux, les domaines pouvant faire l’objet d’une intégration sectorielle incluent la mise en œuvre complète des « voies vertes » (green lanes), l’intégration accélérée dans les marchés de l’énergie et de l’électricité ainsi que l’intégration dans le marché unique numérique, les secteurs des transports et de la logistique, les stratégies européennes de compétitivité et industrielles, les politiques européennes relatives aux matières premières essentielles, la mise en œuvre des accords sur l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels (ACAA), l’extension de l’accès au statut d’opérateur économique agréé (AEO) aux pays candidats, ainsi que la facilitation de la mobilité des jeunes sur le modèle du 'Youth Experience Scheme' avec le Royaume-Uni.

Cette approche, estiment-ils, « élargirait et renforcerait le marché unique, contribuant à l’importance géoéconomique et à l’autonomie stratégique de l’UE, tout en rapprochant les pays candidats et en aidant à contrer l’influence de pays tiers ». L’intégration progressive devrait également « continuer à être activement promue dans tous les autres domaines de politique de l’UE », notamment en ce qui concerne la politique étrangère et de sécurité commune ainsi qu’une intégration institutionnelle progressive.

Lors du dernier Conseil 'Affaires générales' informel à Nicosie, le commissaire au Budget, Piotr Serafin, a déclaré qu’il existait un « large soutien » parmi les États membres en faveur du principe d’intégration progressive des pays candidats (EUROPE 13866/5).

Selon des sources européennes, l’Espagne, la Pologne, la Lituanie et l’Estonie ont également exprimé leur intérêt pour un approfondissement de la coopération avec les pays candidats dans le domaine du marché unique. Lors d'une réunion informelle, la Roumanie, la Pologne et les Pays-Bas ont suggéré davantage de coopération en matière de défense et de sécurité ; la Grèce, la Pologne et l’Italie ont mis en avant un intérêt particulier pour les infrastructures et la connectivité, tandis que des pays comme la Croatie, l’Irlande, mais aussi la Pologne, la Roumanie et la Grèce ont évoqué l’Espace unique de paiement en euros (SEPA), selon des sources européennes. L’approfondissement de la coopération dans les secteurs du numérique, de la compétitivité et des transports a également été mentionné.

L’intégration n'est pas un concept nouveau. Par exemple, la Moldavie et l’Ukraine ont rejoint la zone européenne de libre itinérance (EU's free roaming area) le 1er janvier 2026, tandis que les pays des Balkans occidentaux bénéficient pour l’instant de tarifs d’itinérance des données réduits dans le cadre d’un accord volontaire entre les principaux opérateurs de télécommunications depuis octobre 2023.

En ce qui concerne les services de paiement, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Moldavie et la Serbie ont été intégrés dans le périmètre géographique des systèmes de l’Espace unique de paiement en euros (SEPA), ouvrant ainsi la voie à des transferts plus simples et moins coûteux en Europe. En décembre 2025, trois accords bilatéraux ont été signés entre l’Albanie, la Moldavie et la Macédoine du Nord avec la Grèce, la Bulgarie et l’Italie afin de renforcer la coopération douanière, dans le but de réduire les temps d’attente aux postes-frontières et de faciliter le transport des marchandises. (Ana Pisonero Hernández)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
BRÈVES