L’Union européenne doit mettre fin à sa « dépendance structurelle à l'égard des engrais synthétiques », alertent 72 organisations de la société civile, agricoles et académiques dans une lettre envoyée mardi 12 mai à six commissaires européens, dont Christophe Hansen (Agriculture) et Jessika Roswall (Environnement).
Les organisations exercent ainsi une pression sur la Commission européenne, qui doit présenter son plan d’action sur les engrais (EUROPE 13862/7) mardi 19 mai.
Parmi les signataires figurent le Bureau européen de l’environnement, Greenpeace et IFOAM Organics Europe. Les organisations dénoncent une agriculture de l'UE trop dépendante des engrais azotés issus des énergies fossiles, notamment du gaz naturel, ce qui la rend vulnérable aux crises.
Elles critiquent une réponse européenne jugée trop centrée sur la disponibilité et le prix des engrais, au lieu de traiter les causes profondes du problème. Elles s’opposent à un assouplissement des dispositions de la directive 'nitrates' et à une approche centrée sur les intrants chimiques.
Les coûts environnementaux et sanitaires des engrais azotés pourraient atteindre jusqu’à 320 milliards d’euros par an dans l’UE. Le plan d’action doit soutenir la transition vers des systèmes à faibles intrants et développer les biofertilisants, selon les organisations.
La lettre : https://aeur.eu/f/lwa (Lionel Changeur)