Le ministre lituanien de la Défense, Robertas Kaunas, a estimé, mercredi 13 mai, lors d’une conférence à Bruxelles, que « l'initiative de surveillance du flanc oriental représente une contribution unique et nécessaire à la sécurité européenne ».
Cette initiative est un des quatre projets phares d’intérêt commun de l’UE en matière de défense avec l'initiative européenne de défense contre les drones, le bouclier aérien européen et le bouclier spatial européen.
Lors d’une conférence à Bruxelles intitulée ‘Initiatives de défense de l'Union européenne : le flanc oriental dans une approche de sécurité à 360°’, le ministre a rappelé que les pays du flanc est sont confrontés à une menace directe : « Vilnius est à un tir d'artillerie de la Russie ou de la Biélorussie ». Ainsi, les États de première ligne doivent réagir. « Surveillance des frontières, défense aérienne et antimissile intégrée, défense antidrone, mobilité et contre-mobilité militaires, réception rapide des forces : tous ces domaines sont essentiels et prioritaires pour la surveillance du flanc est », a souligné M. Kaunas.
« Cette surveillance est guidée par l'urgence et des échéances claires. Notre objectif est de rendre nos capacités clés opérationnelles d'ici 2030 », a précisé le ministre.
Mais pour que la protection soit assurée, des investissements sont nécessaires. Si les pays de la région ont déjà engagé des fonds nationaux pour renforcer ce front - la Lituanie dépense 5,4% de son PIB en défense -, « parallèlement, un soutien accru au niveau de l'UE est indispensable ». « Des instruments comme le Programme européen pour l'industrie de défense (EDIP) et le Fonds européen pour la compétitivité, dans le prochain cadre financier pluriannuel, doivent contribuer à son déploiement à grande échelle », a plaidé le ministre.
Il a rappelé que le développement de cette surveillance sera bénéfique à toute l’UE, avec des acquisitions dans toute l'UE, créant ainsi de nombreux emplois et opportunités dans tous les États membres et renforçant les chaînes d'approvisionnement. L’Ukraine, « pays le plus expérimenté en matière de sécurité », et son industrie doivent aussi être impliquées, selon M. Kaunas.
De son côté, le commissaire européen à la Défense, le Lituanien Andrius Kubilius, a estimé que la région du flanc est devait « adopter une approche globale face aux défis qu'elle doit relever, afin de contribuer au bien de l'ensemble de l'Europe ». Il a mis en avant quatre domaines dans lesquels la région devait « jouer un rôle stratégique, élaborer des idées novatrices et les diffuser largement, pour le bénéfice de la région et de l'Union européenne ».
Il s’agit tout d’abord de participer activement à la réflexion sur ce que devrait être cette nouvelle architecture de défense collective européenne. « Le flanc oriental doit figurer parmi les acteurs les plus actifs du développement de la politique industrielle de défense de l'UE » et aux solutions pour répondre aux défis auxquels la défense européenne fait face, a déclaré le commissaire, qui a ajouté que les pays de la région devraient figurer parmi les plus fervents défenseurs du développement du Marché unique européen de la défense.
De plus, selon M. Kubilius, la région doit réfléchir aux moyens d'accroître et d'optimiser le soutien de l'UE à la défense de l'Ukraine. « Elle doit plaider pour une évolution de l'aide européenne : il convient de passer d'un objectif de 'soutenir l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire' - soutien à la 'survie' de l'Ukraine - à un objectif de 'soutien au plan de victoire de l'Ukraine ', qui permettrait à l'Ukraine de l'emporter sur les lignes de front », a-t-il estimé.
Le commissaire a aussi expliqué que la création d’une Union européenne de la défense, à laquelle participerait l’Ukraine, devait « constituer la priorité géopolitique absolue du flanc oriental, et sa mise en œuvre devrait se concrétiser durant la Présidence lituanienne (du Conseil de l’UE), au premier semestre 2027 ».
Enfin, le commissaire a souligné que le flanc oriental devait inciter l'Europe à adopter une stratégie à long terme cohérente vis-à-vis de la Russie. (Camille-Cerise Gessant)