Les ministres des Vingt-sept chargés de la Compétitivité seront invités le 28 mai, lors du Conseil ‘Compétitivité’ à Bruxelles, à adopter des conclusions sur un tourisme durable et compétitif, devant alimenter la future stratégie de la Commission sur le sujet.
Le projet de conclusions, daté du 8 mai et validé par les ambassadeurs permanents mercredi 13 mai, reconnaît « la contribution économique du tourisme dans l’UE qui, en 2024, représentait environ 7% de la valeur ajoutée brute, tandis que le tourisme représentait 10% des emplois et 4,6 millions d’entreprises, dont 99% sont des petites et moyennes entreprises (PME) » ainsi que la « contribution du secteur du tourisme à la compétitivité globale de l’Union ».
La mise en place « d’un écosystème touristique durable, compétitif et résilient nécessite de permettre aux entreprises touristiques, notamment les PME, les destinations et les autres acteurs concernés, de mobiliser et d’utiliser au mieux les outils et instruments pertinents de l’UE, notamment grâce à un accès simplifié et amélioré aux financements et aux aides techniques disponibles de l’UE, et à un soutien consultatif ainsi qu’à un renforcement structuré des capacités, à l’apprentissage entre pairs et à l’échange de bonnes pratiques », dit entre autres le document.
Alors que le tourisme est aussi concerné par les travaux parallèles de la Commission sur la crise du logement, le document encourage les États membres à approfondir leur compréhension du tourisme équilibré en « collectant, analysant et utilisant systématiquement des données sur la concentration spatiale et saisonnière des flux touristiques, le développement et les pressions liées au tourisme, les défis et la répartition des bénéfices au niveau des destinations » ou en améliorant la corrélation des données touristiques avec les pressions sur le logement, la dynamique du marché du travail, les impacts environnementaux et la qualité de vie des résidents.
Le projet reconnaît « le défi croissant que représente le tourisme déséquilibré, entendu à la fois comme 'surtourisme' et 'sous-tourisme', caractérisé par une concentration spatiale et saisonnière des flux touristiques et des investissements » et « exerçant une pression sur certaines destinations et entraînant des opportunités manquées ailleurs ».
Le texte souligne « la nécessité d’accorder une attention accrue aux destinations périphériques, rurales, insulaires, montagneuses et isolées afin de renforcer l’équilibre régional et de libérer leur potentiel touristique ».
Il insiste sur l’importance de la politique de cohésion pour soutenir un développement touristique durable et équilibré ainsi que la résilience des destinations, conformément aux stratégies territoriales.
Le document rappelle encore que le tourisme est intrinsèquement lié au bon fonctionnement du marché unique : « des déplacements transfrontaliers fluides, sûrs et fiables, ainsi que la prévention de la fragmentation injustifiée des chaînes de valeur et d’approvisionnement favorisent des conditions de concurrence équitables pour les acteurs du tourisme ».
Lien vers le document : https://aeur.eu/f/lw9 (Solenn Paulic)