Sans surprise, la Chine apprécie peu la volonté européenne de revoir l'architecture de son cadre de cybersécurité ('Cybersecurity Act', CSA) (EUROPE 13790/1). Dans un avis sur le CSA envoyé à la Commission le 17 avril, le ministère chinois du Commerce soutient que cette proposition « introduit un 'risque non technique' hautement subjectif et arbitraire sous prétexte de cybersécurité et de sécurité de la chaîne d'approvisionnement ».
Pékin vise particulièrement la possibilité, pour la Commission et les États membres, d'imposer des restrictions, voire une exclusion de fait à certains fournisseurs ou équipementiers pour des motifs de sécurité nationale et transnationale (EUROPE 13850/8).
Le ministère chinois du Commerce estime qu'il « s'agit là d'une pratique courante consistant à politiser les questions commerciales et à étendre à outrance la notion de sécurité ». Pékin affirme que la proposition « enfreint les principes fondamentaux de l'OMC », de plusieurs accords commerciaux, qu'elle « outrepasse le mandat juridique de l'UE » et qu'elle pourrait « porter gravement atteinte aux relations économiques et commerciales entre la Chine et l'Union ».
La Chine souhaite que l'UE abandonne ou revoie le principe d'interdiction et des mesures restrictives. (Isalia Stieffatre)